Promouvoir les circuits de vente courts

Portrait de Sido

Il me semble que tout le monde peut y gagner : pour les consommateurs, c'est la garantie de consommer des produits locaux, issus des exploitations proches de chez eux, au prix le plus juste. Le producteur, quant à lui, bénéficie de l'augmentation de sa marge réalisée grâce à cette "vente directe".

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Commentaires

Portrait de Paddy

Je soutiens tout à fait cette idée. Les AMAP et marchés paysans connaissent un franc succès, mais ne couvrent pas toutes les situations. Il y a notamment pénurie d'agriculteurs présents sur ces circuits courts en zone urbaine ou périurbaine. Ce développement de circuits courts est donc à coupler avec des installations adaptées dans ces zones, très différentes du système officiel d'installations existant.

Portrait de BenjaminAgro

Le développement des circuits courts est certainement une bonne solution mais ne sont pas faciles à mettre en place. La vente sur des marchés ou l'organisation d'AMAP prend du temps aux agriculteurs d'où la nécessité d'organiser les circuits courts pour vraiment profiter aux agriculteurs plutôt que de représenter une charge supplémentaire.

Portrait de mbo23

je suis petit producteur de veaux sous la mere sur 13 ha avec 13 vaches
c'est vraie la vente directe marche tres biens. mais je pense qu'il est necessaire de se faire remarque et demontrer que nos productions sont differente d'une exploitation a l'autre
la qualiter vous donne une meilleur commercialisations et un meilleur moyen d'augmenter la clientele
il y a pas que l'etiquette bio pour garantir un produit propre il faut pensez au traditionnel
ceux qui travail comme moi a l'ancienne foins herbe céréales

maurice

Portrait de Sido

Je pense que ça permettrai également aux consommateurs d'accéder à des produits de meilleure qualité. C'est très difficile aujourd'hui de trouver de bons produits, y compris sur les marchés, et surtout pour les fruits et légumes. Personnellement, j'accorde peu d'importance à l'étiquette bio, mais je rêve de trouver des produits gouteux...

Je suis tout à fait d'accord avec vous Maurice !
Il me semble que c'est avec l'association de partenaires locaux, les réseaux de distributions courts se mettront plus facilement en place. J'entend par partenaires, les collectivités territoriales (cantines, maisons de retraites, administrations). Mais pour cela, il faut se faire connaître auprés des politiques du coin et se vendre.
Les arguments possibles :
Créer des emploi locaux et redynamiser une commune (je crois que les maires y sont sensibles) : Votre viande par exemple, vous pouvez la proposer à toutes les structures énumérées plus haut, mais, ce qui est possible aussi est de s'associer avec un maraîcher et une équipe de cuistots (par exemple) pour proposer une offre globale de préparation de repas complets à base de produits locaux de qualité.
Peut-être que ça va un peu loin mais il me semble que toute les initiatives réussies de développement local sont menées sur la base de PATENARIATS !

Portrait de vretotchi

Céréales et traditionnel, ça ne va pas trop ensemble. Une vache, ça mange de l'herbe. Et c'est tout.
Quand une producteur est certain de sa qualité, je ne vois pas pourquoi il se priverait de l'étiquette du "BIO" pour que cela lui rapporte un peu d'argent.

Portrait de JAIDF

J'ai une question simple pour toi, à ton avis à quoi sevent les céréales? L'orges? L'avoine?
Ces productions ont pour vocation première de nourrir les animaux.
La filière céréale sans l'élevage n'est plus rien. L'élevage sans les céréales non plus.
Non à l'import de soja mais oui à la consommation des céréales français dans l'alimentation de nos bêtes!!!!!

Portrait de kerloen

c'est un peu le problème, c'est que ça ne rapporte pas forcément beaucoup plus d'argent (surtout que les distributeurs, là aussi, sont en train de mettre la pression...), mais des contraintes, oui.
le bio est une savante alchimie d'acteurs, les uns convaincus que ça doit profiter à l'homme et son environnement, les autres que ça peut profiter à leur portefeuille.

Portrait de maxens

Pour ma part, je ne vois pas trop comment les grandes cultures (blé, orge colza...)pourrait rentrer dans un tel système (personne n'achètera du blé en tant que blé). Ce n'est déja pas évident pour les animaux (norme d'hygiene, abattage...); mais c'est vrai que pour les fruits et légumes ce peut-être une solution, sauf que tous les fruits et légumes ne peuvent pas être produits de manière homogène sur tout le territoire (conditions météo)

Je sais ça peut être difficile mais une légére transformation de vos céréales vous permetterez de les vendre surles marché, l'acha d'un petit moulin peut vous permettre de transformer vos déréales en farine et ainsi vous permettre de valoriser vos céréales en circuit court.

Portrait de Benito

Un poil simpliste, si je peux me permettre...

Comment un céréalier qui cultive, mettons 70ha de blé avec un rendement de 80 quintaux/ha pourra-t-il écouler plus de 55 tonnes de blé ? Idem avec le colza, le tournesol, l'orge la betterave...imaginez l'investissement (un moulin à grain, un moulin à huile, une unité de production de sucre...une brasserie ?), et l'absence de débouchés sur un circuit court !

Sérieusement, je trouve que les AMAP sont une excellente idée, mais uniquement pour des produits maraîchers (et les maraîchers sont sous-représentés chez les agriculteurs - à quand le rétablissement des ceintures maraîchères autour des villes ?) et pour un public aisé. Je doute qu'un RMIste (pardon, un RSAiste, mais ça sonne moins bien), ou même qu'une personne gagnant le SMIC puisse intégrer une AMAP.

Portrait de O Vergna

Un poil simpliste comme réaction !

Si vous transformez une petite partie de blé en farine ou pain et que vous continuez à commercialiser le reste de votre assolement au cours du marché, cela fera toujours un plus qui améliorera votre revenu, non ? !

et en plus, si une partie même faible de la production se commercialise en direct, cela finira par créer une concurrence avec les filières traditionnelles qui seront obligées de réajuster leurs prix pour éviter que les agriculteurs ne transforment une partie trop importante de la production : ce sont qq pourcentages de la production nationale qui peuvent faire basculer les choses, pas besoin que tout le monde se mette en circuit court ! Au contraire : qq'uns et les industriels vont tout faire pour augmenter les prix et éviter l'hémorragie ! mais ça, personne n'a le courage de lez dire, dans le syndicalisme, pour ne pas gêner nos "gentilles" coopératives qui versent de si généreux jetons de présence !

ya même pas besoin de créer un magasin de vente ou de se mobiliser qq heures pour commercialiser : je vends mes fromages en libre service avec une vitrine réfrigérée : les gens se servent et paient et ça marche parfaitement bien, surtout quand je ne suis pas là !

Sinon, dans mon amap, il y a plus de RMistes que de gens aisés...

le gros pb de toutes ces évolutions, c'est de lever les œillères et de sortir des filières classiques, de production, de commercialisation et... de pensée !

Portrait de pierro

un peu dans le même esprit, je pense que développer la vente directe, c'est concurrencer ceux qui rackettent et profitent de la faiblesse des agriculteurs. Lorsque les grande surfaces ont été crées, de gros volumes et une excellente logistique leur ont permis de vendre les fruits et légumes moins chère qu'en vente directe. Mais profitant de chaque fluctuation de prix, elles n'ont cessé d'accroitre leur marges. Beaucoup de commentaire relatent le coefficient *2 à *15 appliqué aux fruits et légumes. Aujourd'hui, malgré les charges importantes de la vente directe, on peut vendre directement moins cher qu'en grande surface, à nous les concurrencer pour qu'enfin ils augmentent leur prix d'achat.
Ils faut encourager la création de structures communes de vente directe, pas seulement en amap.

pierroagro

Portrait de O Vergna

C'est tout à fait bien vu ! Si 10% de la production est vendue en direct, cela fera basculer le rapport de force car les industriels voudront augmenter les prix pour récupérer des producteurs et leur matière première à transformer...

Mais pour cela, il faut une organisation minimale de la vente directe : surfaces de vente mises à disposition pour commercialiser avec prise en charge des coûts de structure par les collectivités, ou pourquoi pas : obliger les grandes surfaces à consacrer un espace à la vente directe en mettant à disposition lieu et équipement ? Il faut aussi prévoir des transports vers certaines agglos avec regroupement de produits, bref, il y a plein d'idées à faire prospérer sur le sujet !

En auvergne, les industries ont peur face à des productions fermières qui représentent moins de 1% de leurs volumes ! Il suffit de passer à des volumes entre 5 et 10% pour que les rapports de force basculent ! la grève du lait montre qu'avec des volumes bloqués faibles, les usines commencent à avoir du mal à s'approvisionner... Merci aux courageux qui ne livrent plus...

Portrait de vretotchi

" le gros pb de toutes ces évolutions, c'est de lever les œillères et de sortir des filières classiques, de production, de commercialisation et... de pensée ! "

Bravo. Tu as tout à fait raison. Mais combien de personnes sont prêtes à reconnaître leurs erreurs ?

En effet, c'est pourquoi il y a un gros travail d'éducation à faire sur le fait que manger local c'est aussi se priver de bananes, de fraises à Noël, ...
Par contre, le goût des aliments retrouvé, et la santé avec, valent bien le sacrifice !
Encore faut-il en faire l'expérience pour en être convaincu.
Et puis, quel plaisir de retrouver de bonnes pêches lorsque l'on descend en vacances au bord de la mer ! Ça faisait tellement longtemps qu'on en avait pas mangé !!! Et avec ça, pas de risque de déception de fruits pâteux tout droit sortis des frigos. Ceux-là viennent direct du producteur, du soleil à croquer !
Pour les grandes cultures, je ne sais pas trop ....
Avec ça nous avons pas mal appauvri la diversité de nos cultures. Peut-être faudrait-il revenir à de plus petites cultures beaucoup plus diversifiées et plus riches ?
Avec cela vous pourriez devenir nos meilleurs médecins !!!

Portrait de mbo23

seriez vous pret e a vous apprivisionne ra la campagne

maurice

Portrait de seguim

au contraire , je pense qu'il serait utile d'élargir la possibilité de vendre nos céréales en circuit-court au-dela des céréales secondaires type avoine.
en zone de polyculture-elevage, pourquoi interdire la vente de nos céreales aux éleveurs en direct pour l'alimentation des animaux ?
il me semble qu'a l'interieur de l'europe, certains pays ont accorde ce droit aux cerealiers.

Portrait de laure

Il faudra pour cela accepter de sortir de la politique agricole commune qui nous emprisonne par des accords que la france doit respecter; Donc comment allier les circuits de vente courts si l'on doit aussi satisfaire le commerce extérieur??
Je ne vois que la limitation des échanges pour garantir une agriculture de proximité

Portrait de maryline trassard

Une agriculture de qualité (si possible bio ou dans le même esprit) et de proximité, pourrait être la ligne directrice d'une réorientation durable de l'agriculture à l'échelle mondiale. Les circuits-courts n'ont que des avantages : très bonne valorisation de leurs produits par les agriculteurs et prix abordable pour les consommateurs (puisque quasi plus d'intermédiaires), réappropriation du choix de notre nourriture (une des choses les plus intimes pour chacun d'entre nous puisque c'est elle qui chaque jour nous fournit une énergie vitale et renouvelle nos cellules), contact avec ceux qui font pousser cette nourriture, apport très important pour l'économie locale et l'aménagement du territoire, réduction maximale des dépenses énergétiques pour transporter les produits, etc... Ceci dit, le circuit court ne sera jamais exclusif : devrait-on se passer de café, de cacao, de bananes ou même d'huile d'olive pour les habitants du nord de l'Europe ? On peut produire au plus près ce qui correspond aux terres, aux savoirs-faire, au climat, aux besoins premiers des territoires (=relocalisation de l'agriculture). Pour le reste, organiser un commerce durable et équitable (productions locales bio, juste prix pour les producteurs (si ces produits "exotiques" sont plus chers, on en mangera moins...), transport en bateau quand cela est possible...
Les agriculteurs qui font une "autre agriculture", nous prouve que cela est possible. Exemple : un maraîcher rencontré la semaine dernière dans la périphérie de Rennes : Il fait vivre cinq personnes sur dix hectares (lui-même, son épouse, deux salariés à temps plein et un troisième pendant les récoltes). Il travaille avec deux autres producteurs pour fournir une cinquantaine de légumes différents, vendus en direct (paniers), par l'intermédiaire d'un GIE "manger bio 35" qui réunit les producteurs bio du département et alimente par exemple des cantines bio, ou encore par le réseau des bioccop qui favorise les produits de proximité... Il dit bien gagner sa vie et ne pas travailler plus de quarante heures par semaine (!!!), ce qui lui laisse du temps par exemple pour former de jeunes aspirants maraîchers bio et s'impliquer dans les filières locales...
Dernier point : une des obstacles importants pour une agriculture de qualité et de proximité est l'accès au foncier, notamment pour des jeunes non issus du milieu agricole. Des collectivités se mobilisent (préemption de terres allant à l'agrandissement ou à l'urbanisation avec la SAFER pour mise à dispoition, Groupements fonciers pour achats collectifs de terre....)
Si il y avait une vraie volonté politique d'aller dans le sens de ce type d'agriculture, cela pourrait aller très vite, pour le bien être de tous...

maryline Trassard

Portrait de nadegepdd

Bonjour, je suis actuellement en train de monter un projet agricole pour produire du lapin " fermier " afin de le vendre en direct et en circuit court. J'ai beaucoup de soucis à trouver un site où m'implanter car je m'installe hors cadre familial et le prix du foncier est encore élevé. De plus, n'ayant pas de réserve d'argent disponible, c'est encore plus difficile car les organismes bancaires ne sont pas très prêteurs. Au niveau de la réglementation du lapins fermiers et bien, il n'en exista pas, tout le monde peut commercialiser sous cette appellation alors qu'il n'en ai rien. J'entend par fermier un lapin élevé dans un clapier ou dans un box avec litière de paille, nourris avec des aliments naturels, garantis sans OGM et médicaments même s'il viennent des fabricants d'aliments et abattus à partir de 100 jours. Autrement dit le lapin de nos grands-parents. Je me heurte à des personnes qui prétendent que la qualité de la viande dans ce système est égale ou inférieur à celle des lapins élevés en élevage rationnel, c'est à dire tous sur grillage, nourris avec des aliments avec ou sans OGM, supplémentés en médicaments contre la coccidiose et exploité au maximum au niveau de la reproduction sans oublier que la date d'abattage est d'environ 70 jours. Je suis d'accord avec vous quand vous dites que la politique agricole actuelle encourage très fortement les exploitations à devenir encore plus grosse et n'aide pas beaucoup les personnes désireuse de s'installer sur des petites structures.

nadege63

Portrait de O Vergna

ce qui est important, c'est le lien direct entre agriculteur et consommateur pour conserver les liens des citadins avec le monde agricole, avec le vivant, avec les réalités de la vie ! Et puis ça nous permet de mieux expliquer notre métier et de mieux faire comprendre nos contraintes et nos modes de culture...

Portrait de jerome12

erreur!! le circuit court de type vente directe ( car une coop peut aussi valoriser en circuit court) n'a pas que des avantages..imaginons un trop grand nombre de vendeurs directs dans un meme secteur, on en arrive a la concurrence entre agriculteurs..

j12

Portrait de ciridd agro

Promouvoir les Circuits Courts d'accord, mais comment ? 2 remarques
1.) Déjà de quoi on cause ?
Les circuits courts ne sont pas que la vente directe par l'agriculteur individuel. Cela peut être individuel ou collectif, direct ou par un intermédiaire local (le boucher qui achète sur pied), avec ou sans transformation, vraiment local ou via internet,... Des formes de circuits courts ont toujours existé (marché, vente à la ferme...) mais depuis les années 1990 on voit apparaitre d'autres formes de circuits courts comme les AMAP et les points de vente collectives, souvent associées aux valeurs comme l'identité "pays", la qualité, et le respect de l'environnement. En france l'AMAP marche bien, mais Il y a pleins d'exemples différentes dans d'autres pays (Italie, Angleterre, USA,... http://www.urgenci.net/ ).
Dernièrement la promotion des circuits courts est apparue comme un vrai enjeu http://agriculture.gouv.fr/sections/presse/communiques/developper-circuits/ et la tendance est à la remise en question du modèle agricole productiviste à la FNSEA... Avec la crise, l'évolution de la PAC, etc, le modèle dominant de l'agriculture du XX° doit évoluer vers autre chose et la demande sociale et politique porte dans le sens des circuits courts. D'accord l'AMAP s'adapte mieux à une production diversifié fruits+légumes qu'à une monoculture de blé de 55T/an. Mais ne peut-il pas y avoir d'autres solutions - à chaque agriculture son circuit court ?
2.) Quels bénéficies réelles des circuits courts et pour qui (l'agriculteur, le consommateur, la collectivité) ?
A part la réduction des coûts de transport et en coût carbone, quel bénéfice à acheter local ? Est-ce vraiment une garantie sur la qualité ? "Connaitre" son producteur peut-être rassurant, mais ce n'est pas forcément évident à gérer pour le producteur. Et est-ce que l'agriculteur est réellement gagnant ? Qu'elles investissements est-ce que cela va lui demander de passer aux circuits courts ? Quelles appuis techniques lui-faudrait-il qui sortent de son cœur de métier ?
Au fond, ma question c'est qu'en savons nous sur l'impact et la viabilité des différent types de circuits courts existantes, et partant, quels mesures pourraient accompagner ces projets de façon à ce que cela soit performant pour l'agriculteur, le revendeur (s'il y a), les consommateurs, et la collectivité.
Merci aux agriculteurs en circuits courts de réagir!

Portrait de O Vergna

pas facile de vous répondre...

moi, je fabrique et vends du fromage en direct, c'est à dire à la ferme et je fais un marché hebdomadaire et qq foires de temps en temps...

j'ai investi dans un atelier de transformation environ 40 000 € mais c'est un faible investissement car je tourne avec 14 vaches laitières et je n'ai pas investi grand chose d'autre car pas besoin de salle de traite perfectionnée pour ce faible effectif ! (faut compter 60 000 € en moyenne pour une salle de traite...)

je fabrique 6 à 7 tonnes de fromages vendus à 12 € le kg, pour du fromage fermier au lait cru, affiné 2 mois, c'est donné ! ce genre de produit se vend entre 20 et 30 € chez les fromagers de luxe : donc le consommateur est carrément gagnant et les primes que je touche me permettent en qq sorte de subventionner le produit.

ma valorisation est d'environ 1.15 € par litre de lait et donc je réalise le même chiffre d'affaire avec 60 000 litres transformés qu'un agriculteur ayant un quota de 250 000 litres et qui livre son lait mais j'ai une marge beaucoup plus importante car moins de charges (il faut 45 laitières pour faire 250 000 litres et les charges afférentes à 45 vaches sont sans commune mesure avec celles pour 14 !) et mon temps de travail est légèrement supérieur mais pas énorme car le volume transformé est faible...

Je suis en montagne et ce type d'activité me permets de m'y maintenir car produire 60 000 litres, c'est possible, mais en produire 250 ou 300 000 c'est hors de question !

je précise enfin que cet atelier fait travailler et vivre 2 UTH !

tout est dit, non ?!...

Portrait de jean sebastien

Suite à un débat organisé en région Combes de Savoie réunissant agriculteurs et industriels il est apparu nécessaire comme le précisait un agriculteur de bien préciser qu'il n'existe pas un circuit court mais des circuits courts avec des spécificités très différentes. Par exemple : les AMAP avec un besoin d'ammener de la variété aux clients - un ciruit court pour alimenter les collectivités locales: plus axés sur un appro régulier de produits mais avec une certaine homogénéité de produits (cela pourrait répondre à l'abbhération des demandes de cantines qui proposent des menus Bio approvisionnés depuis des cuisines à + de 100 km de chez elles !! - circuit pour alimenter des semi-indsutriels : par ex. je travaille dans une bolangerie Bio ou nous avons monté une filière Biosolidaire dans laquelle on s'engage pour 3 ans avec une juste rémunération à prendre la farine à des GAEC qui ont investis dans un moulin. Nous recherchons actuellement des fournisseurs de lin et tournesol avec des graines suffisament grosses et propres . Nous utilisons de la pomme que nous épluchons à la main ce qui est très long quand nous avons 100 kg à transformer ! Donc nous souhaiterions trouver des producteurs locaux qui investissent dans des procédés pour nous fournir de la pomme en cube. Nous sommes prêts à nous enganger.Dans ce cas on est dans un circtui court bien différent des AMAP ! Mais il y a pleins de choses à faire avec des rencontres et de la volonté pour créer et profiter des richesse environnantes et créer un lien social fort au niveau de chaque territoire.

Portrait de O Vergna

Il faudrait travailler plus en amont sur les circuits courts :

d'abord une enquête auprès des producteurs fermiers pour savoir comment ils ont réalisé leur installation ou création d'atelier, les pb rencontrés avec l'administration, l'aide trouvée et où, quel type de structure d'atelier ils ont, comment ils commercialisent, quel accompagnement ils souhaiteraient en matière de production, de commercialisation, de suivi sanitaire et réglementaire, d'analyse et de tarifs d'autocontrôle, etc... leurs besoins d'évolution réglementaire, de suivi DSV, de réglementation sur les marchés, la commercialisation, le transport, etc...

  • retraiter ces résultats au niveau national et élaborer un document sur l'état des lieux, les besoins d'évolution et les perspectives d'avenir pour l'agriculture, le consommateur et l'alimentation et proposer des évolutions aux pouvoirs publics,

  • structurer qq chose de permanent au niveau national et indépendant, de type syndicat des producteurs fermiers (il y a déjà une fédération nationale des associations de producteurs fermiers mais qui ne semble pas faire grand chose...)

  • former les juristes pour épauler les producteurs fermiers en particulier pour les contrôles DSV souvent éprouvants, l'élaboration des dossiers sanitaires, la réponse aux interrogations excessives de l'administration, etc

Cela permettrait de répondre à un réel besoin sur le terrain car bcp d'installations dans ce secteurs peuvent être découragés par les démarches et en particulier la pression des DSV qui alourdissent souvent les obligations réglementaires.

Portrait de superjo

Je suis agriculteur et j'essaie de fédérer différents producteurs autour de chez moi afin de proposer une gamme de produits fermiers variée et de grande qualité. Un site internet a été mis en place et nous avons investi dans des moyens logistiques de façon a assurer toute la chaine : du producteur au consommateur. Vous pouvez retrouver tout ça sur http://www.Comptoirs-fermiers.fr . L'initiative est complexe et lourde à mettre en oeuvre mais nous espérons pouvoir regrouper de plus en plus de producteurs et étendre nos zones de livraisons. En direct de nos campagnes !

Portrait de maximeaurelie

Pas si simple ! Il faut un véritable engagement des agriculteurs avec la volonté et le temps de faire du commerce etc. Tous ne l'accepterons pas...

Même si le principe parait excellent ce type de circuit est socialement limité = moins d'emploi, moins de créations de valeurs pour les acteurs qui vivent autour de l'agriculture aujourd'hui. Le problème de fond est une répartition correcte des marges (producteurs / distributeurs). Oui les producteurs doivent être bien payés pour leur travail mais toutes les industries qui font fonctionner notre agriculture aussi.

Portrait de maximeaurelie

OK mais avec les mêmes règles sanitaires et de certifications que tous le monde ! Comment on le vérifie ça ? A part la confiance sympathique que l'on peut attribuer au pittoresque paysan, je ne sais pas...

Portrait de Gilmar

Les circuits courts ont certainement un intérêt immédiat. Mais dans une perspective de long terme, leur impact principal devrait être d'offrir aux paysans la possibilité de sortir du productivisme. Autrement dit, on peut se permettre de viser une modification en profondeur, par la voie de l'établissement de nouveaux circuits commerciaux, des pratiques prédatrices à la fois sur le plan environnemental et sur le plan social. Il ne s'agit donc pas de viser de "nouveaux créneaux" ou de "nouvelles opportunités" mais de changer un système à bout de souffle pour les agriculteurs, les consommateurs, l'environnement, les finances publiques,... Certes le productivisme ne règne pas qu'en agriculture et il est certain que les acteurs de la grande distribution mondialisée vont essayer (ils le font déjà) de tirer parti de l'essor de ce secteur, en le vidant de sa substance. C'est pourquoi les "arrangements locaux" dépassant le corporatisme agricole sont si importants.

Portrait de paysan

Circuit courts, développement du tourisme, table d'hôte, etc..
Arrêtons !! nous sommes des producteurs, chacun son métier, faisons de bon produits, sachons les valoriser, ne passons pas nos week end dans les points de vente car nos semaines sont déjà bien chargées.
Laissons travailler les autres.

PAC MAN mangé ou mangeur

Portrait de amdmorvan

Les circuits de vente courts permettent de consommer moins d'énergie en transport donc de préserver l'environnement. D'autre part, ils permettent la consommation de fruits et légumes de saison. Adieu fraises et cerises à Noël

Portrait de HD

cette idée est importante à retenir pour la PAC après 2013 afin de favoriser des revenus décents aux agriculteurs. Aujourd'hui, peu d'aides vont dans ce sens.
En outre, il faut aider les agriculteurs à se structurer et à trouver des débouchés localement, ou bien inciter à la création de micro filières, car la vente directe nécessite du temps et est soumise à des contraintes sanitaires et réglementaires. Une journée ne fait que 24h et bien souvent le travail de production (dans le cas d'un système lait) occupe déjà de 6h à 20h en moyenne.

Portrait de GAYET Matthieu

Revenir à des systèmes de commercialisations "décentralisés" est sans doute un enjeu d'avenir.
Aussi faut-il que les producteurs en vente directe aient la capacité de se défendre vis à vis de "tricheurs" potentiels pouvant usurper sur un marché ou sur un lieu de distribution l'identité d'un producteur fermier.
La Grande Distribution et l'ensemble des filières longues ne pourront pas jouer sur tous les tableaux, et la production de masse, et la qualité des produits proposés.
Enfin je proposerai d'appliquer sur l'ensemble des produits une étiquette permettant d'évaluer le bilan carbone du produit (du producteur au consommateur), voire même d'appliquer une taxe carbone spécifique aux produits alimentaires.

Portrait de ciridd agro

J'enchaine sur les remarques de Gilmar 07/10/2009 - 13:20 et GAYET Matthieu 10/10/2009 - 16:04 en soumettant l'idée que les circuits courts répondent à deux demandes :
- l'équité de prix en supprimant les gros intermédiaires;
- la demande de sécurité et de qualité, via le lien sociale ou l'identification du producteur.
Le point clé c'est la vente plus ou moins directe et la suppression des intermédiaires. En agriculture il y a des formes de circuits courts très anciennes comme la vente à la ferme, au marché, ou aux détaillants. Ces formes sont plutôt en déclin par rapport à la période d'avant 1950. La modernisation de l'agriculture et surtout l'apparition de la grand distribution ont fortement modifié les conditions de production. La concentration du pouvoir des grossistes et des centrales d'achat sur les filières alimentaires a pousse les producteurs au productivisme ou alors à l'abandon ; idem pour les fabriques agro-alimentaires.
L'apparition des premiers "nouvelles formes" de circuits courts tels les AMAP semble bien être un refus de ce système, à la fois contre l'emprise du circuit de distribution de gros, et contre l'approche "productiviste" de l'agriculture. Mais cela n'aurait pas fonctionné sans une demande sociale : de produits locaux , de qualité ou bio, d'un rapport sociale ou d'une identification du producteur... Autrement dit le créneau des premiers circuits courts c'était la relation qualité + confiance + proximité, MAIS cela ne veux pas dire que toutes les circuits courts ont les même vertus.
Aujourd'hui, ce ne sont pas tellement les producteurs qui demandent la généralisation des circuits courts, mais plutôt les politiques. Parce que les circuits courts sont réputés vertueux à bien des égards : qualité, équité, durabilité, développement du territoire et de l'emploi, etc. En vérité, c'est plus ou moins le cas selon le modèle de circuit et comment il est appliqué. Comme le souligne le plan Barnier, nous manquons de données objectives sur la question.
L'intérêt des politiques et économistes pour la question n'est venu qu'une fois que le phénomène a atteint une certaine envergure. C'est à dire une fois passé les crises "vache folle" et autres, et que la demande populaire pour une autre agriculture s'est affirmé. C'est aussi parce que l'agriculture européenne évolue vers une "agriculture de services" - une panoplie de fonctions environnementales, de production, de vente directe, de transformation, d'accueil, etc. visant à maintenir les activités et communautés rurales plus qu'à maintenir l'agriculture à proprement parler. Et il y a aussi la question du changement climatique et de l'empreinte carbone, et l'idée que le circuit court est local - MAIS ce n'est pas toujours le cas.
Le circuit court "nouveau" n'est pas que l'AMAP. Dans d'autres pays d'Europe, les modèles de circuits courts sont différentes, plus proches du type "Point de vente collectif" ou vente sur internet. Dans la région de Londres par exemple, on peut aller sur une site internet coopérative, choisir son producteur, suivre une visite virtuelle de l'exploitation (en option), passer commande en se faire livrer, en choisissant parmi plus de 100 producteurs. Le site et le coop ont été monté par des enfants de producteurs. Ce modèle serait envisageable pour les grandes agglomérations françaises.
Bref, la mode des circuits courts est arrivé, et comme toute mode il y aura sans doute des réussites, des excès, des ratés. Bien sur, le passage en circuit court nécessite une autre organisation, des investissements, une prise de risque.
Mais au delà de cette mode en apparence, le contexte économique de l'agriculture est en train de changer et l'émergence des circuits courts montre une direction, un sens profond de modification des rapports entre la société en générale et le secteur agricole. La suppression des intermédiaires implique peut-être aussi la suppression d'emploi chez ces derniers, mais le développement de filières courts peut aussi en créer. C'est aussi un transfert du contrôle des circuits plus vers les consommateurs, les pouvoir locaux et surtout les producteurs. Champ a creuser...

Portrait de Lirielle

Entièrement d'accord sur les avantages de la vente directe pour le consommateur (prix + fraicheur et qualité des produits), pour le producteur, et pour l'environnement.
Même si la démarche ne pourra pas être généralisée ( l'île de France aurait faim, je crois) elle pourrait être fortement développée, et les circuits les plus longs fortement raccourcis.

Portrait de UJé

A lire tout ça on croirait que les circuits courts c'est l'avenir !
Aujourd'hui des structures forment les agriculteurs déjà installés dans cette voie de diversification : vendre, aller au devant du consommateur, développer une clientèle, transformer un produits, diversifier sa gamme, tout ça ce sont des métiers différents de la production classique. ça ne s'improvise pas, ces formations sont indispensables.

Pourtant allons un peu voir ce qui se passe dans la majorité des formations des futurs agriculteurs (CAP, Bac Pro, BTS, BPREA) : circuits courts ?? transformation des produits agricoles ???
Si on veut que ces circuits courts tiennent leurs promesses dans le futur, il faudrait aussi penser à les faire connaître chez ceux qui se forment aujourd'hui on gagnera du temps pour la suite.

Portrait de paysannature

l'idée est séduisante mais pas nouvelle
c'était bien souvent le cas dans nos fermes il y a bien longtemps ou dans nos épiceries et petits magasins de proximité, mais notre fameux progrés avec son pétrole en a décidé autrement , et d'expliquer aux paysans naifs que "des organismes nouveaux" pouvaient s'occuper d'acheter et revendre toute les productions agricoles trés loin pour soi disant le bénéfice de ces paysans
mais meme le progres évolue et oublie le bénéfice des paysans .....les paysans sont moins nombreux et moins riches qu'a cette époque la ,mais les "parasites" se sont bien engraissés
donc il est logique aujourd'hui de revenir dans cette démarche de proximité avec le cout des transports à venir et la qualité des produits à retrouver avec des prix qui conviennent a tous ...
les supermarchés ne sont pas le mode d'avenir pour la distribution de l'alimentation de demain

Portrait de Frédéric

Je pense que vous avez raisons mais il subsiste le probléme de l'écoulement de la production en effet, il s'agit souvent de niche et il est parfois dure d'écouler le reste de sa production en circuit "normal". Une organisation entre producteur peut être mis en place dans les villes en regroupant des producteurs de différents produits (maraîcahge, viandes, laits, frutis,...)

Portrait de christian 27

j'utilise ce forum en espérant étre lu par nos politiques pour signaler que les nouvelles aides a la brebis vont favoriser les circuits longs (gms) au détriments des circuits courts...........en effet ,une aide de 3 euros supplémentaires a été octroyés aux adhérents des OP commerciales qui contractualisent uniquement avec des supermarchés...........c'est pour moi un cas de concurrences déloyales cautionnées par l'Europe !!!
je vend mes agneaux dans notre petit magasin" la boutique des 4 fermieres" un GIE que nous avons crées avec 3 autres fermes et je n'aurais pas droit a ces 3 euros par brebis!!je vends aussi dans une AMAP "saveur et savoir " et je n'y aurais pas droit non plus!
j'ai des collégues éleveurs qui font des marches et méme probléme.!!.....d'autres collégues vendent a des petits bouchers et se retrouvent aussi prive de cette aide!!!
Alors c'est bien les beaux discours mais il faudrait peut étre veillés a remettre de l'ordre sur cette mesure qui va a l'encontre de cette belle idée de favoriser ce rapprochement entre consommateurs et producteurs.