Synthèse finale du GRAND DEBAT

Portrait de Anne-Claire

Cette synthèse présente les principales idées qui ont été apportées et débattues par les internautes sur le site parlonsagriculture.com pendant la période du Grand Débat (14/09 au 15/10/09). Ce site a réuni pendant un mois près de 500 visiteurs par jour autour des cinq thèmes proposés par le Ministre. 

Le sujet « Compétitivité et revenus » a été le plus actif du forum avec 46 sujets postés. Néanmoins les idées développées ont tourné autour de deux grands thèmes. Le plus populaire, porté par 52 votes et 49 commentaires, concerne le développement des circuits courts. Les citadins sont attachés à cette façon de consommer qui leur permet de créer des liens avec les producteurs locaux et de mieux connaître les produits qu’ils achètent. Les producteurs sont prêts à développer ces circuits mais demandent plus d’informations et des aides pour leur permettre de se lancer, voire la création d’une structure spécialisée pour les conseiller, notamment pour les aspects juridiques.
La popularité des circuits courts est liée au deuxième thème le plus abordé dans le forum qui concerne la relation entre les agriculteurs et les grandes surfaces. De nombreux intervenants dénoncent le rapport de force à l’avantage des distributeurs. Pour changer la donne, plusieurs solutions sont proposées. Les participants sont plutôt favorables à une réglementation qui garantirait un prix d’achat minimum des productions agricoles ou qui limiterait la marge maximale réalisable par les distributeurs.

Idée récurrente du forum pour le thème Alimentation : l’éducation alimentaire. Il s’agirait de mettre en place des cours de nutrition dans les écoles visant à long terme à rééquilibrer les régimes alimentaires en diminuant, par exemple, la consommation excessive de protéines animales au profit de protéines végétales. Se pose alors la question du devenir des producteurs de viande et du budget que les français sont prêts à consacrer à l’alimentation.
Une autre direction attendue serait l’élargissement du champ d’action des Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP). Cela permettrait de réduire les marges entre prix d’achat au producteur et prix de vente au consommateur ainsi que d’augmenter les débouchés des agriculteurs de façon significative. Par ailleurs, l’idée de promouvoir les produits de saison a beaucoup de succès auprès des internautes.
Enfin, la dernière idée pertinente est celle de l’étiquetage des produits réalisé par des organismes indépendants et financé par les distributeurs. Ces étiquettes présenteraient au consommateur le bilan carbone, l’état pesticide ou OGM, le partage des marges de chaque produit mis en rayon.

Concernant la PAC, la question des bénéficiaires des aides a suscité de vives réactions parmi les internautes. Outre un consensus global sur le retrait des aides en direction des grands propriétaires n’ayant aucun lien avec le secteur agricole, une redéfinition claire des bénéficiaires est attendue. Celle-ci pourrait impliquer davantage les acteurs du tissu rural.
Il ressort également du débat un véritable malaise autour du rôle actuel des Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER). Se pose la question de conserver ces structures de plus en plus contestées. À minima, la nouvelle législation devrait mettre en place une régulation de leurs pouvoirs afin de limiter les déviances marchandes du foncier. La PAC devrait intervenir afin de redonner leur fonction première aux SAFER, à savoir, la gestion de la terre pour les professionnels du monde agricole et non à des fins lucratives.
Enfin, il apparaît essentiel de rattacher le consommateur aux réalités agricoles afin qu’il puisse agir de manière responsable et ne perçoive plus les aides PAC comme des « cadeaux », mais comme la solution pour le maintien de l’agriculture. Afin que l’image récurrente de l’« agriculteur-pollueur » disparaisse, une partie du budget de la PAC devrait être consacrée à la communication auprès du grand public.

À propos du débat sur la pêche, une amélioration de la gouvernance du secteur est attendue. La solution pourrait être la création d’une autorité de référence et de confiance à visée normative de type scientifique ou institutionnelle qui serait chargée de décider des quotas. Les moyens techniques modernes, comme la vidéosurveillance à bord, pourraient être utilisés afin de contrôler les pratiques.
Les interventions se sont également fortement orientées vers le développement d’une exploitation des ressources maritimes de façon durable. Le stock disponible de produits marins est limité et devrait être entretenu comme tout capital productif. Des mesures devraient être mises en place comme la régulation des quotas, l’augmentation de l’efficacité dans la production aquacole, l’interdiction éventuelle de pêche des espèces de poissons menacées, et la valorisation des déchets agricoles –hors farines animales– dans l’aquaculture. La PAC devrait anticiper les besoins structurels futurs des filières en ressources humaines et en infrastructures.
Enfin, les exploitants maritimes attendent de la PAC qu’elle puisse leur permettre de vivre décemment de leur travail et qu’elle les encourage financièrement à développer des modes de productions plus durables.

Sur le thème de la durabilité de l’agriculture et des territoires, un fort soutien de l’agriculture biologique et de l’agriculture raisonnée est demandé, en subventionnant, par exemple, le « bio » dans les cantines pour créer un flux de demande.
Autre sujet de débat, il faudrait réduire les imports de protéines végétales de façon à diminuer la pollution due aux transports et la dépendance de l’agriculture européenne. Dans une optique de durabilité, il faudrait intégrer les coûts liés à la dégradation de l’environnement et des ressources.
Concernant le maintien de l’emploi dans le secteur agricole, il faudrait faciliter la transmission et l’installation des exploitations, en particulier dans le cas des structures atypiques.

Ce débat a montré  le fort engouement du grand public pour l’avenir de l’agriculture. Cette forte mobilisation est incontestablement un signe positif avant les prochaines échéances décisives pour ce secteur.