Synthèse 2 du thème Pêche

Portrait de Anne-Claire

Trois semaines après le lancement du Gand Débat et de sa consultation grand public supportée par le site parlonsagriculture.com, le thème “Pêche et aquaculture” demeure le moins alimenté des 5 thèmes proposés. Surtout, ce sont les contributions de professionnels des filières qui font cruellement défaut.
Bien sûr, il y a déjà eu le Grenelle de la Mer au printemps dernier, et les Assises de la Pêche ont débuté le 5 octobre. Les sollicitations du public sur le sujet semblent se multiplier et sans doute ne perçoit-on pas ,de prime abord, le champ et les limites de chaque exercice. Le premier appelait cependant, au niveau national, une réflexion globale, transversale et intégrée de toutes les activités humaines en rapport avec la mer, alors que le deuxième se veut force de proposition française pour la prochaine réforme de la Politique Commune de la Pêche, et se situe donc au niveau européen.
Le Grand Débat se concentre sur les mesures à adopter au niveau national concernant les filières économiques de la pêche et de l’aquaculture, des professionnels aux consommateurs.

Les contributions des internautes peuvent être associées à l’un des trois grands axes de réflexion adoptés par le groupe de travail :

1.Amélioration de la gouvernance
-La sollicitation d’une autorité de référence et de confiance à visée normative :
“Un conseil scientifique pour décider des quotas”
-L’appel à des actions règlementaires émanant d’autorités internationales, mais en même temps désillusion face à leur inertie :
“Réduire la pêche au niveau international” et “Interdire la pêche des espèces menacées en les inscrivant sur la liste des espèces en danger” : suggestion de la création d’un cadre européen pour de telles règles. (Remarque : cela n’est pertinent pour le Grand Débat que si l’on descend au niveau national, mais il y a alors conflit avec la volonté d’une action multilatérale.)
-L’utilisation d’outils de contrôle des pratiques à bord tels que la vidéosurveillance :
"Contrôler l’application des lois par vidéosurveillance”

2.Développement d’une pêche et d’une aquaculture durables
-Limiter les quantités de poisson pêchées à des niveaux soutenables :
“Un conseil scientifique pour décider des quotas” et “Réduire la pêche au niveau international”
-voire interdire la pêche des espèces les plus menacées :
“Interdire la pêche des espèces menacées en les inscrivant sur la liste des espèces en danger” (liste rouge IUCN)
-Penser la ressource comme un capital productif qui nécessite d’être maintenu et entretenu : pour une exploitation durable, on ne peut pas prélever plus qu’il n’est produit par le milieu :
“Modifier notre système de penser sur les ressources naturelles”
-Promouvoir l’efficacité dans l’utilisation des ressources pour la production aquacole, économiser les farines de poissons et valoriser les déchets issus de l’agriculture :
“Réorienter la pisciculture” et “Aquaculture durable : privilégier les poissons 'herbivores' et valoriser les 'déchets' agricoles”
-Sensibiliser/encourager le consommateur à l’adoption d’une plus grande sobriété (notamment en protéines animales) :
"Arrêtons le mythe du poisson qui rend intelligent et du steak qui rend costaud”
-Encadrer sévèrement les pratiques impactant l’environnement :
“Taxer lourdement ou interdire les pratiques de pêches destructrices de l’environnement et aider la conversion vers d’autres types de pêches”. Ici, l’exemple du chalutage est sévèrement mis en accusation, mais un professionnel y oppose la méconnaissance de ces “accusateurs” de la réalité des techniques et du terrain.
-Anticiper les besoins structurels futurs des filières en ressources humaines et infrastructures :
“Organiser une immigration de travail dans les secteurs agricoles et marins”

3.Revenus des producteurs
-Permettre aux producteurs de vivre de leur travail :
“Arrêtons le mythe du poisson qui rend intelligent et du steak qui rend costaud”
-Soutenir et aider à l’orientation vers des modes de productions/activités plus durables :
“Réorienter la pisciculture et Taxer lourdement ou interdire les pratiques de pêches destructrices de l’environnement et aider la conversion vers d’autres types de pêches”