synthese 2 du theme alimentation

Portrait de Anne-Claire

Durant ces dernières semaines, nous avons été contents de constater que le forum a continué de susciter un vif intérêt, avec en prime de nouveaux internautes inscrits. Le constat était le même lors de la première synthèse : le thème Alimentation n’est pas le plus consulté, mais reste tout de même le siège d’un intérêt et d’une participation non négligeables. Nous pouvons d’ores et déjà noter que les sujets déjà présents ont continué d’être débattus, mais que peu d’autres sujets - et donc d’autres idées - ont été lancés.

Tout d’abord, la principale idée nouvelle – et malheureusement presque l’unique – depuis le dernier état des lieux est celle de l’étiquetage des produits (cf. sujet : « L'étiquetage doit permettre une consom'action facile »). La proposition de l’internaute est la suivante : « Je propose donc la réalisation d'un étiquetage réalisé par plusieurs organismes indépendants à la charge des distributeurs (que ce soit des grands distributeurs ou petits distributeurs)
permettant de noter le produit sur : son bilan carbone (producteur consommateur), son état OGM, son état pesticide, son équitabilité (partage des marges), son mode de production respectant le social (respects des travailleurs ayant participé à l'élaboration de ce produit). L'étiquetage pourrait alors être déterminé suite à une enquête dont le coût dépendra du nombre de références à étiqueter ». Voilà une idée intéressante ; et qui de plus a fait l’objet de plusieurs débats lors des réunions des groupes de travail Alimentation auxquels nous avons eu l’occasion de participer…

Par ailleurs, une autre idée pertinente a pu émerger : « Sortir l’agriculture (production primaire, et non l’agroalimentaire) du cycle de Doha ». L’internaute s’exprime : « La production primaire alimentaire n’est pas une marchandise comme les autres, elle ne répond pas à une logique de constance dans le temps et ne peut être comparée et traitée à l’instar des produits industriels. Les aléas du vivant, les aspects de saisonnalité ne peuvent être ignorés. Par ailleurs l’aspect stratégique et vital de l’alimentation des populations ne peut être sacrifié sur l’autel des échanges mondiaux, ni négocié en contrepartie de quoi que ce soit ». Il est vrai que l’on a tendance à faire l’amalgame entre les matières premières agricoles et les produits transformés issus des industries agroalimentaires, ce qui n’a évidemment strictement rien à voir. Dès lors, peut-être serait-il intéressant de bien redéfinir ces deux notions et les limites qui les séparent.

D’autre part, les sujets concernant la promotion des produits de saison, les OGM, l’abandon de l’agriculture traditionnelle au profit de l’agriculture biologique… n’ont malheureusement soit pas été très fomentée, soit, si elles l’ont été, n’ont pas vu émerger de réelles idées mais n’ont été le lieu que de vagues échanges sans grand intérêt.
* Toutefois, un débat a été engagé pour savoir si le biologique est bien meilleur pour la santé ou non : « [le bio] c'est meilleur pour la santé humaine (pas de résidus de pesticides ou d'engrais chimiques) et pour la planète (pas de pollution, pas de destruction des sols et de la ressource en eau...) ». Et encore une fois, les questions concernant l’éducation des jeunes concernant une nutrition correcte, la façon de faire ses courses ou encore la sensibilisation des parents à expliquer à leurs enfants comment acheter leur nourriture ont leur place ici.
* Il en est de même pour la surconsommation de protéines animales. En effet, certains veulent diminuer la consommation de viande. Mais deux questions subsistent : que faire des éleveurs si la consommation baisse ? Comment rétablir la fertilité des sols sans y apporter du fumier/compost/lisier ? Une solution a été proposée par un internaute : « Nous avons besoin d'un plan ambitieux de décroissance programmée des filières de production animales, incluant des politiques d'aide à la reconversion des travailleurs concernés, parmi lesquelles des mesures leur permettant d'avoir un revenu décent pendant cette phase de transition vers d'autres emplois ».
* Enfin, nous avons remarqué que le débat sur les OGM était devenu assez houleux et partageaient les agriculteurs : certains ont une grande méfiance et pensent qu’à l’heure actuelle les OGM ne sont toujours pas fiables et viables mais sont tout de même favorables à ce que les recherches sur les OGM prennent plus d’ampleur (« Favorisons la recherche publique sur les OGM!! »). D’autres y voient déjà des bienfaits comme la baisse d’utilisation d’intrants et regrettent qu’il ne leur soit pas permis d’avoir recours à cette technologie.

Nous remarquons avec plaisir la mobilisation constante des internautes pour le site, et surtout le nombre croissant de nouveaux internautes inscrits. Les améliorations techniques du site y ont grandement contribué. Cependant, on peut déplorer le manque de ligne directrice sur le forum, en ce sens que les internautes semblent avoir oublié la vocation première du site : faire émerger de nouvelles idées de la part du grand public. Mais nous avons remarqué qu’au cours des derniers jours, les conversations déviaient et se transformaient plus en débat banal et plat plutôt qu’en discussion profonde faisant émerger des idées intelligentes. Espérons que les internautes se reprennent pour clôturer ce Grand Débat sur une note positive !