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Forums > Modes de vies > Mutation de citadin vers agriculteur : comment oser franchir le pas ? - 20 commentaire(s)
ben
03/03/2008 14:13 26

Mutation de citadin vers agriculteur : comment oser franchir le pas ?

Bonjour,

quelques mots sur ce site, juste pour témoigner :
Parisien depuis 8 ans, originaire du Sud, j'ai toujours eu du mal à supporter cette ville : le monde, les trajets, la pollution, le coût de la vie... Je trouve tout ces aspects dégradés... Paris est une superbe ville, où il fait bon de venir... En touriste !! Parce qu'il y a énormément de choses à voir, ce que je n'ai pas su faire depuis que j'y travaille.

Dernier "craquage" en date : il y a 2 ans, en fin de CDD, j'ai osé franchir un premier pas : une formation agricole pour pouvoir obtenir des compétences dans ce domaine avec la ferme intention de m'installer...

Une structure est disponible au niveau familial, sans repreneur pour l'instant.

L'idée : tout planter et se barrer...

Oui je sais, c'est un coup de tete.... Qui dure depuis au minimum 3 ans !!! C'est à ce moment que j'ai rencontré LA personne qui n'a pas été effrayée par un projet de "retourner les deux pieds dans la bouse" !!! C'est aussi elle qui m'a motivé à faire cette formation....

Le premier pas est franchi..... Reste le grand saut... Et là c'est plus délicat :
Se retrouver dans un p'tit village (qu'on connait déjà) dans une région qu'on appelle entre nous "le triangle" : au milieu de rien, loin de tout : 80 km de la première "ville" avec hopital et lycée par exemple, 20 km du collège, certes il y a un village à 4 km de la ferme qui semble revivre (un bar-tabac-marchand de journaux qui rouvre, 2 épiceries,un boulanger... mais une pharmacie sans repreneur pour l'instant !)...

Nous ne sommes pas du tout des accros de la vie parisienne, voire meme de la vie en ville : la réorganisation de notre vie en fonction des contraintes ne nous fait pas peur, une seule chose nous inquiete : nous retrouver pris dans une spirale de boulot infernale sans que je puisse dégager de revenus ni de temps... Ma douce est institutrice, ce qui nous garantit un revenu exterieur, mais, avec 3 enfants dont 2 issus d'une précédente union, nous n'avons pas trop le droit à l'erreur...

D'autant plus que les enfants nous occupent également beaucoup, et que je n'ai pas envie de laisser leur mère s'occuper de tout !!! Et pour le reste, la possibilité de s'installer avec des associés permet quand même de pouvoir prendre des vacances, meme avec 2 troupeaux sur l'exploitation... Ce qui n'est pas négligeable !!!

Nous en sommes à ce point : Ira ? Ira pas ?

La ferme est loin de la famille de madame (700 km tout de meme !!) mais elle ne sera pas "enchainée à la ferme" : c'est moi seul qui bosserait sur la ferme... En cas de craquage, les vacances scolaires pourraient etre une excellente soupape de décompression... Le papa des 2 ainés est loin également... Comment réagir si un jour les enfants nous le reproche ?

J'en suis à me poser la question d'aller voir une ferme ailleurs, à mi-chemin entre tout , une structure permettant de contenter tout le monde.... Mais l'idée de me retrouver seul sur une structure ne m'enchante pas des masses : finis les possibilités de congés !!! Même avec un service de remplacement efficace, je doute de trouver l'équivalent d'un associé....

Mutation d'un citadin à la campagne : plus qu'un changement de lieu, c'est un changement radical de vie...avec la possibilité d'y gagner en qualité certainement, mais pas d'idéalisme : nous essayons pour l'instant de cerner les problèmes qui pourraient "pourrir" notre quotidien, et à terme mettre en péril notre idée... Mais faudra pas réfléchir trop longtemps, j'aimerais bien y arriver un jour !!!

Je précise : je ne suis pas un "soixante huitard attardé" (j'étais pas né en 68 !), ni nostalgique des hippies avec l'élevage de chèvre (quoique, des fois ....), je voudrais essayer d'avoir un projet viable sur le long terme, avec un boulot que j'estime passionnant, et tout ca, sans négliger l'éducation de mes gamins, les vacances avec eux, et gagner ma vie correctement... Ca fait peut etre beaucoup....

(C'était notre rubrique : "il y a encore des dingues qui ont envie de faire ce métier...")
nade
05/03/2008 16:13 483

certes votre projet semble muri sur le plan familial, pour savoir s'il l'est vraiment sur le plan professionnel, sachez que dans beaucoup de chambre d'agriculture il existe des points installations ou des services semblables qui pourront vous renseigner sur la viabilité de votre entreprise.

il me semble que vous vous posez les bonnes questions, pour les vacances il faut peut être un peu oublier, surtout au début car quand on s'installe il y a toujours quelquechose à faire. Par contre, la saisonnalité de ce métier permet de dégager des  moments de libre où il y a moins de travail. Rassurez vous: de vivre à la campagne dans la verte nature vous font oublier la necessité de prendre des vacances.

De plus votre femme semble motivée, c'est une bonne chose. Elle a un métier avec un salaire, chose appréciable, car les benefices ne sont pas forcement immédiats dans ce métier. Une entreprise à construire c'est une strategie, gerer le présent et anticiper les années futures, vaste programme, mais ô combien interessant et enrichissant.( avec mon mari, nous nous sommes installés il y a quelques années déjà)

Xof
06/03/2008 01:05 484

Salut Ben - Tu devrais aller raconter ton projet à l'équipe de "VILLAGE MAGAZINE"... Je suis sûr qu'ils t'apporteront des conseils utiles et éclairés. Sinon, ils ont un site http://www.village.tm.fr où il y a un forum sur l'installation à la campagne.

ben
06/03/2008 11:30 487

Pour réponde à Xof : merci pour l'idée, j'irais faire un tour sur le forum...Je connais la revue, mais je n'avais pas songé à en parler chez eux...

Pour répondre à Nade : je ne suis pas encore allé voir les points infos installation, notamment parce que celui de la région ou je veux aller est un peu loin de Paris !!!
En attendant je dois récupérer la comptabilité de l'exploitation en vue (faut bien que je me serve de ma formation !!).

J'ai eu le conseiller de gestion de l'exploitation plusieurs fois au téléphone qui fait tout pour me rassurer quant aux possibilités de s'installer sur la structure : elle dégage un revenu, du point de vue technique elle est à un bon niveau, et financièrement elle présente des garanties...

C'est bien beau tout ca, mais comment je dégage un salaire moi ? Réponse : il y a un salarié actuellement sur l'exploitation, donc si on le remplace par un associé, on récupère ce salaire pour le verser à l'associé (15 000 € annuels). Et si ca ne suffit pas : en faisant une structure de type GAEC, il y a une prime d'handicap naturel (c'est en zone de moyenne montagne) qui peut aider : 10 000 €/an.

Voila, ca me fait 25 000 € net par an : soit à peu près ce que je gagne actuellement en région parisienne !!!

Seulement voila, je suis un citadin grognon : les voilà qui ralent tous ces "gens des villes" contre "ces vilains agriculteurs" qui ne comptent que sur les primes pour vivre !!!

Ben moi, je t'avoue très sincèrement que j'aimerais bien pouvoir essayer de dégager le même type de revenus.. Mais sans compter les primes. Autrement dit : est ce que je ne pourrais pas arriver à fonctionner sans ces fichues subventions ? J'avoue, c'est un peu une question de fierté, mais peut etre aussi de survie économique, si un jour ces mécanismes disparaissent (ce dont je doute, ils seront simplement aménagés différemment) ...
Après, il y a les "arrangements moraux" : cette prime d'handicap naturel, n'est pas un encouragement à "produire plus" comme sont présentées celles versées pour les grandes cultures, mais un moyen de maintenir des structures agricoles en zone défavorisées... Evidemment, du coup ca sort du contexte "paysan pollueur" mais quand même.... Sans prime, je me sentirais mieux... Utopie ou réalité possible ?

Merci pour vos réponses en tout cas !

nade
06/03/2008 21:09 488

pour Ben, même si le fait de recevoir des primes peut paraître enervant,  je le reconnais, cela aide pour la trésorerie. En fait ce sont des compléments de prix destinés à compenser des prix de vente inferieurs aux prix de revient. Il faut le voir comme cela, c'est mieux d'être remunere de facon normale sans passer par cette case mais c'est la politique actuelle de l'Europe.

Melle
10/03/2008 10:14 491

Bonjour Ben,
Ton message m'encourage un peu, meme si tu pars mieux loti que moi.
Mon défaut : etre parisienne de naissance ! J'ai bien une soeur qui est devenu quand meme éleveuse de chèvres + fromages, mais elle a trouvé le mari qui avait l'exploitation ! Le mien est parissien de souche (dur handicap) et informaticien. J'ai toujours dit que je partirai à la capmagne, cela me travaille depuis 20 ans mais les circonstances familiales (à ce jour j'ai 4 enfants de 3 à 12 ans!) et professionnelles (pas de vraie vocation jeune comme ma soeur) m'en  ont empechee.

Bref, je vais partir, mais tout est à faire !
D'abord, une formation agricole.
Apres, l'idéal serait que mon mari trouve du boulot dans une ville de province, mais moi qui reve de volcans et de moyennes montagnes (bref, le massif central), il trove que les villes (Périgueux, Tulle, Mende, Rodez....) que je lui propose sont trop petites ! Et en fait, j'ai un mal fou à le faire chercher du boulot et aussi à le chercher pour lui ! Mais il sait que je partirai, avec ou sans lui, et que s'il veut choisir un peu l'endroit, c'est à lui de bouger !
Bref. heureusement qu'il auime la campagne, c''est un vrai bucheron de nature, il est tres a l'aise dans une foret. Mais d'en vivre, c'est un autre problème. J'ai beau lui dire qu'à la campagne on peut vivre avec moins d'argent qu'à Paris, il a raison de me faire voir qu'il y a 4 enfants à elever et des études à payer un jour...

Et puis : je suis une femme... Pas la même musculature qu'un homme... Pourrai-je élever seule un troupeau (à viande, pas de traite SVP) ? Ou alors je penche pour le maraichage (dans la vallée !) ou l'horticulture... Quelqu'un peut me dire ce qui est possible pour une femme de 34 ans ? Et correctement rentable ?

En conclusion, j'ai plein d'idées et une énorme volonté, mais cela suffira-t-il ?
 C'est pourquoi je pense reprendre une exploitation existante, c'est plus facile que de partir de rien. Idéalement, j'aimerai aussi trouver un associé pour pouvoir se soulager quelques jours dans l'année, pour cause de rassemblement familial, ou pire, de problèmes familliaux (santé des parents... ). Je vois ma soeur, elle ne peut pas quitter sa maison meme pour un mariage car il n'y a personne pour faire les traites à sa place !
... tu l'as trouvé, ton associé ?...

Bonne continuation !
Songe que au pire, tu peux rester jusqu'à la fin de ta vie à Paris.... Brrr !!!! En tous cas, ma soeur, meme si elle n'est pas riche, elle s'en sort et ne regrette pas la ville dorée de sa naissance !


ben
10/03/2008 11:32 492

Salut Melle,

content de voir que je ne suis pas le seul à raisonner comme ca...

Tu sais la ville ou la région d'origine ne sont un handicap en rien... L'envie, la volonté, et l'apprentissage font oublier d'où tu viens... Meme si tu risques de rester "la parisienne" après 20 ans de vie dans ta région d'adoption !! Ca il faut passer outre...

Concernant tes envies/projets, on sent bien qu'il y a un carcan familial assez important; si tu veux te réaliser, il faudra savoir passer outre... Pour ce qui est de tes enfants, je comprends assez ta problématique : on en a 3, pour l'instant ils sont petits (10 mois à 8 ans), mais viendra le jour où il faudra payer les études... J'y pense déjà, d'autant que le deuxieme probleme est de pouvoir assurer des allers retours entre notre lieu de résidence futur, et Paris, où vit le père des 2 grands.
Il y a beaucoup d'embuches, mais il ne faut pas perdre espoir.

Et puis : tu es une femme.... Et alors ? J'ai quelques exemples en tete, de femmes de 35-40 ans -plutôt féminine une fois la journée finie-, qui arrivaient à tondre des béliers de 100 kg ou bouger des vaches limousines bien mieux que moi !! La musculature est seulement une aide, vous n'avez pas les bras, mais la tete !!!

Ton idée de trouver un associé est bonne, si tu souhaites menager du temps pour tes enfants, mais il faut que l'entente soit au rendez vous : pas toujours évident.

Le mieux, si tu arrives à dégager du temps, de faire une formation d'au moins 6 mois, genre BPREA : ca te permet d'avoir des bases, il y a un stage obligatoire, mais pas forcement très long. La formation, meme courte, est déjà un pas dans la bonne direction, et le contact avec d'autres personnes dans ton cas (il y en a plus que tu ne crois !) t'encourager à perseverer.

Et puis... Si les montagnes t'attirent, mais que tu es à court d'argument pour déraciner ton mari de Paris (et que tu es prête à rester dans la région, mais t'installer quand même !) , n'oublie pas qu'il y a des terres autour de Paris, et que de plus en plus de clients potentiels se trouvent en région parisienne. Certes, le maraichage est un boulot très, très exigeant (à ce sujet, essaie de te procurer le dernier numéro de Village Magazine, il y a un témoignage tès intéressant), mais la demande est très fort concernant la vente directe en région parisienne, notamment via les AMAP. Après, il faut trouver une solution financière pour le rachat...

Dernier conseil : prends ta voiture, ou les transports en communs, et va voir des exploitants autour de Paris qui ont une production qui t'intéresse... Tu as plein de possibilité : la bergerie nationale à Rambouillet : tu peux y aller en train, il y a un peu de marche à pied ensuite, mais ca vaut le coup : tu trouveras un troupeau de brebis viande, un troupeau de vaches laitières (qui t'intéressera assez peu si j'ai bien compris !), et un troupeau de vaches viande. Tu peux discuter avec le personnel : les responsables de troupeaux sont disponibles, pédagogues et très compétents.
La ferme de Viltain : vaches laitières, fruits et légumes en direct.
Pour le maraichage : des associations de maraichers sont présentes autour de Massy, ou tu peux intégrer une AMAP : le producteur vient te livrer, tu peux discuter avec lui...

Les solutions ne manquent pas, le boulot est dur, et certainement moins bien payé qu'a Paris. Mais la vie à l'exterieur, au rythme des saisons, et dans un environnement plus calme et moins pollué que les grandes métropoles vaut certainement une baisse de revenu au départ.
Il y a beaucoup d'organismes qui peuvent t'aider à trouver un moyen d'y arriver (CNASEA, Jeunes Agriculteurs, DDA, Point Info Installation, organismes de formation...). Ne te décourage pas, meme une femme, et meme à 34 ans, tu peux y arriver !!!

FP44
27/03/2008 11:17 645

bonjours j'ai 24 ans je suis de nantes issu du milieu agricole (mes grand parent et 2 de mes oncle sont agriculteur) et je suis en train de m'installer (contrat pré -instalation) dans la loir a 700km de che moi alors qu'ily a de la place sur la femr efamilliale a 3 km.

les raison son simple pas la meme vision de l'agriculture. et donc impossibiliter de s'entendre au travail. j'ai donc trouver une autre exploitation, qui a la meme visoin que moi de l'agriculture.

pour moi devenir exploitent seul sur une ferme a l'heure actuelle est impossible au bous de quelque annés il y a forcément un truc qui "merdouille" plus de temps pour la famille et le conjoint part voir ailleur, ou alors on délaisse un peut l'exploitation pour la famille et la le revenu en patie ou encor on boss comme un dinge et le santer en prend un coup.

je ne consoi pas de s'installer seul.

Ben vas y fonce , moi sa fait 2ans que je me pose la question et j'ai décider de me jeter a l'eau car il n'y a que sur un ferme ou je me sent bien et se ne mefait pas chier de me lever a 5h30 tout les matin pour traire ou livre le lait .

Melle trouve ce qui te plais en agriculture et après trouve comment le conjuger avec ta vie de famille. moi je ne voulais pas fair de vache a lait au début a cause des traite qui son contaraignente. mai je me suis rendu compte que c'était ce qui me plaisais les vache a lait et la transfo du lait. comme je voulais pouvoir prendre des vacance et sortir de temps a autre j'ai rafléchi a comment aménager le temps de travail. la solution une assiciation en GAEC on est 3 sur l'exploitation et on trait donc chaqun notre tour une semaine et un week-end sur trois.

Melle tu ne doit pas choisir ta branche agricole en fonction de ton emploi du temps mais fair ce qui te plais et adapté ta méthode de travail a tes contraint exterieur. je connais des ferme  de 4 associer en vache laitière et volaile ou le sgar ne bosse que 50H par semaine. et il on un ouvrier que fait tout les traites du soir ce qui leur permet d'avoir leur soiré avec leur enfant.

 

CornGrower
29/03/2008 11:10 743

Salut, Ben, J'ai repris l'exploitation familiale il y a 4 ans, après avoir, navigué 12 ans dans diverses "Grosses" Entreprises. Je ne regrette pas d'avoir eu cette chance de voir autre chose que l'agriculture. fficeffice" /?>

Au départ je pensais comme toi, m'associer, pour dégager du temps, partager les risques aussi.

Mais crois moi il vaut mieux trouver d'autres solutions ! Etre agriculteur c'est d'abord avoir l'esprit "D'ENTREPRENDRE" ça parait bête comme ça. Mais crois moi personne n'a vraiment la même vision du sujet.

Au départ j'ai donc été double actif, pour démarrer, ma femme est salariée mais ses parents sont du milieu (ça aide bien aussi), puis par la suite tu trouves TES SOLUTIONS. Tu sauras trouver du temps pour ce que tu estimes nécessaire, créer les activités qui sont rémunératrices, pour ce que tu veux réellement !

S'associer n'est jamais facile, mais en agriculture c'est encore moins évident, tout est affaire de compromis ....

 

CornGrower
29/03/2008 11:33 744

ReSalut, Ben,fficeffice" /?>

Etant un céréalier (Maïs) donc sous ton raisonnement : Un Paysan pollueur !

Je peux t'assurer que les primes sont encore nécessaires de nos jours, uniquement pour garantir une production nationale !

Pour ma part j'ai fais mon stage d'installation au Texas il y a 12 ans, j'en suis revenu dégoûté, persuadé que notre avenir d'agriculteurs français était de devenir jardiniers, pour que les citadins ne visitent pas que des ronces lorsqu'ils viennent le week-end.

Mais par la suite le projet a mûri, puis je me suis installé.

Mais sans primes a armes égales on ne lutte pas longtemps contre des exploitations de plusieurs milliers d'hectares, qui génèrent des millions de US$ par an !

Il faut voir les primes comme une garantie au citadin de lui fournir un produit dont il a une maîtrise de contrôle. Il faut aussi que nous agriculteurs acceptions de rendre des comptes en permanence (ce que l'on fait d'ailleurs), ils payent, donc aussi absurdes que sont les exigences de la législation, il faut composer avec ça !

Quitte à avancer avec plusieurs balles dans les pieds !

 

nade
12/04/2008 20:51 1147

Ben; ou en etes vous de votre projet d'installation?

avez vous pris la décision, il faut réfléchir mais le plus important c'est de savoir si au fond de vous vous avez vraiment envie.

ben
12/04/2008 21:59 1149

Bonsoir,

@nade : la réflexion avance, nous en parlons régulierement, mais assez peu avec le cédant...De mon coté, j'ai de plus en plus de mal à supporter les condtions dans lesquelles on vit, et le rythme de vie de la semaine. C'est surtout les conditions de vie qui me tapent sur le syteme : les transports, les bouchons, les kilometres, et l'espace de vie restreint...

Je suis dans un période désagréable, dont je savais qu'elle arriverait : l'attente... Attendre que ma moitié soit titulaire et puisse demander une mutation... Si ca ne marche pas tout de suite, essayer de "forcer" un peu la mutation en faisant jouer le rapprochement de conjoint en me faisant emabucher sur la ferme.

@CornGrower : je sais bien que les primes sont une garantie de production, voire même une assurance que les exploitants ne deviennent pas que des "jardiniers", mais je poursuis l'utopie de pouvoir dégager un revenu, même sans ces fichues primes... Avoue que, quand le conseiller de gestion lui-même te dit qu'avec les primes tu as un salaire confortable, et que d'un autre coté tu entends que la PAC va etre réformée, ca inquiete un peu sur la pérennité du salaire !

@FP44 : j'espere etre dans le même état d'esprit que toi, c'est à dire : ca ne m'emm---- meme pas de me lever pour aller traire, parce que je suis content d'y etre.... Y'a que sur une ferme que je me sens bien !!

En tout cas merci pour vos témoignages/conseils et encouragements...


admdm
20/04/2008 18:35 1353

bonjour ben

j'ai 46 ans, mariée depuis 25 ans à un agriculteur éleveur et institutrice depuis 27 ans. je n'étais pas de la campagne mais d'une ville assez grande . Oui, c'est très difficile pour une femme d'agriculteur avec un métier tel que le mien de supporter toutes ces contraintes. Mon mari n'a pas d'associé : j'ai un métier avec énormément de vacances et lui aucun jour de congés. C'est très difficile de voir les copines partir en couple, avec les enfants quand moi je partais seule avec nos 3 enfants. J'ai failli craquer plusieurs fois mais je suis resté par amour d'abord et parce que malgré tout cette vie me convenait.

Les enfants pouvaient voir leur père pratiquement quand ils le voulaient, parfois en travaillant avec lui, en profitant du grand air, de l'espace et d'une vie équilibrée et proche de la nature et des animaux. Nous puovions nous voir, mon mari et moi souvent dans la journée et je pouvais passer de grands moments avec lui.

il y a bien sûr l'isolement quand les enfants deviennent ados. Ils ont choisi l'internat dès la 2° pour être avec des amis. Les 2 grands font des études agricoles, preuve qu'ils sont loin d'être dégoûtés.

Attendez-vous à  avoir des moments très difficiles mais aussi de grandes satiafactions. je pense que la clef est un couple très uni.

bon courage

CornGrower
20/04/2008 20:11 1356

"Ben" qu'est ce qu'il te manque pour prendre ta décision ?fficeffice" /?>

Tu dis toi-même que la chose est économiquement viable. Pour la pérennité des primes, c'est sûr que l'on va nous serrer de plus en plus l'enveloppe, surtout que pour les céréaliers pour le moment on peut dire que la situation s'est éclaircie. Mais je ne crois pas que l'élevage sera délaissé pour autant, de plus le ministre l'a dit lui-même : nous allons vers un découplage total.

Tu vois ce que ça veut dire ?

Le minimum sera encore mieux garanti, même sans production. De toute manière tu vois bien la situation actuelle, on a besoin de productions agricole intérieure, plus personne n'envisage d'externaliser l'agriculture comme c'était le cas il y a 2ans !

Maintenant sur le plan familial, il faut voir comment c'est perçu par chacun des tiens. Mais si l'un doit se "sacrifier", ce n'est pas le genre de vie que l’on prends par force, il faut qu'il ait au moins un attrait pour chacun de vous.

En tout cas on sent quelque chose de "grand" en toi pour ce métier !

sanguirena
22/04/2008 19:14 1401

je reponds a tous mais surtout a admdm....

je suis originaire de Paris aucun lien avec le milieu agricole dans ma famille.... j'ai decouvert l'amour avec un paysan il y a presque 30 ans ...je suis toujours avec lui ! je suis devenue agricultrice a part entière j'ai donc epouse l'homme et le metier  des vaches laitieres dur dur de s'y mettre tous les jours mais j'y suis arrivee...!!!

j'ai actuellement bientot 49 ans... nous avons eu 4 enfants dont 2 fils installes en gaec avec leur pere en 2004 et 2006....

moi que suis je devenue ? j'etais en earl avec mon epoux jsuq'en 2000...

puis le coup de massue on m'a diagnostique une sclerose en plaques....! tous mes beaux projets reduits a neants (je voulais faire des chambre d'hotes et un camping a la ferme...) je suis depuis 4 ans en fauteuil roulant... mais je continue de tenir la compta du gaec pour avoir encore une petite place dans le monde agricole .... et puis pour "oublier" la maladie j'ecris....me voila avec une nouvelle passion....

mais enfants sont grands ( 27, 25 1/2, 21 et 19) je suis meme grand mere depuis 3 mois, mais je suis souvent seule ! mon mari est toujours en activite au moins encore 10 ans... faut bien que je m'occupe....!

je viens de sortir un livre,, un roman une saga paysanne moderne...(evidement inspiree de ma vie...) je parle de la vache folle, des problemes actuels...des femmes en agriculture...etc.....

enfin bref j'ai epouse un agriculteur et je ne le regrette pas...malgre que les vacances fussent rares !!!! et j'en ai engandre 2 de plus....!

nous n'avons plus de production laitiere depuis 12 ans mais nous sommes en bio en limousin + vaches limousines+ moutons...

voila alors ben fonce franchi le pas je suis sure que tu ne le regretteras pas la qualite de vie et geniale mme avec ds contraintes ...

tu vois moi qui ai besoin de soins specifiques qu'on ne trouve qu'en ville je prefere m'en passer je ne veux pas retourner en ville pour le moment....!

mon blog si vous voulez voir ce que je fais....

http://l-ecriture-de-laurence.over-blog.com

 

a tres bientot  laurence alias sanguirena....

 

au fait vous les agricultrices allez sur le forum d'annmy il est tres bien j'y suis aussi....!

 

 

ben
28/04/2008 13:47 1466

Bonjour, et désolé si je traine un peu pour les réponses, mon travail devient de plus en plus prenant actuellement.... Ca m'habitue pour la suite !!

Merci pour vos témoignages et encouragements, le plaisir que je prends à les lire n'a d'égal que la satisfaction qu'ils me procurent en me disant que je suis sur la bonne voie et que ma démarche, a première vue "farfelue" n'est pas vouée à l'échec... Oui, je sais, c'est un peu alambiqué comme phrase, mais ca reflète un peu l'état d'esprit que j'ai en vous lisant...

CornGrower, pour te répondre, la seule chose qui me manque, c'est que ma chère et tendre obtienne rapidement une mutation afin que nous puissions partir de la région parisienne : je n'ai pas envie de la laisser seule trop longtemps avec 3 marmots de 1 à 8 ans. Elle est institutrice par ailleurs, ses journées sont plutot bien remplies et plombées par les temps de trajet, qui font que c'est un peu la course en semaine... Je me vois mal la laisser seule dans ces conditions, c'est pourquoi nous attendons qu'elle soit titulaire pour au moins effectuer sa demande de mutation; ce qui sera possible à partir... de l'année prochaine !
En attendant je fais un boulot plus "alimentaire", car nous en avons bien besoin, les finances ont été sérieusement plombées ces dernières années par nos formations respectives, et une petite période au chomage pour moi alors que je terminais ma formation. Nous ne sommes pas dans le besoin loin de là, mais avant de me pointer sur une exploitation sans le sou pour la racheter, ni même s'acheter une maison à nous, on essaie de regonfler le bas de laine...

Ca peut paraitre comme une "excuse" qui me fait reculer le moment du grand saut, mais pour l'instant, pas trop le choix : la vie risque d'etre assez difficile comme ca, notamment pour elle qui me verra peut etre un peu moins qu'actuellement si j'en crois les témoignages de admadm et sanguirena, je ne voudrais pas qu'on parte sur de mauvaises bases. Je pense qu'elle trouvera aussi un contentement dans cette nouvelle vie, rien qu'avec l'espace et la nature autour de soi, mais il faudra certainement un temps d'adaptation, tout comme pour les enfants...

Ceci dit, si la mutation tarde à venir, je pense que je partirais m'installer là bas et qu'on fera jouer le rapprochement de conjoint. Mais pour ca il faut qu'elle soit titulaire, du coup, ca nous reporte toujours à l'année prochaine...

Ce qui fait que tous les jours, je pense à ce que sera mon "autre vie"... Et puis je fais un tour sur les différents forums pour parler d'autre chose que d'informatique et garder un pied dans la verdure...

Bonne journée, je retourne à mes applications...

ben
02/09/2008 11:31 2477

Bonjour,

je ne sais pas si beaucoup de monde passe encore sur ce forum, qui devient de plus en plus étouffé par la publicité et l'apparition du même sujet posté X fois... Mais au cas où, et de façon très égocentrique je l'avoue, quelques nouvelles de nos projets.

Notre décision est prise : on s'en va. Pas tout de suite, hélas, car la rentrée est là et les enfants sont repartis pour un an à l'école, mais en septembre 2009, nous serons dans le Sud, et nous commencerons notre nouvelle vie à la campagne : je serais salarié sur l'exploitation agricole familiale dans un premier temps, pour éviter de construire une société et d'investir dedans trop rapidement. 

Notre projet est de faire le test sur un an : comme salarié, je n'ai pas de fonds engagés, et ma chère et tendre -qui n'aura vraisemblablement pas sa mutation dans une école de la région la première année- accepte de passer un an en congés parental (le petit dernier aura 3 ans en avril 2009). Au bout de cette année, ce sera le bilan et voir quelle suite donner à cette expérience.

Nous avons annoncé notre décision à mon cousin et son épouse qui travaille sur l'exploitation. Ils attendaient notre réponse afin de prendre des décisions (réduire l'exploitation ou poursuivre dans le cas d'une reprise). Ils nous ont avoué, après coup, qu'ils ne pensaient pas que nous oserions franchir le pas. 
Cette soirée reste gravée : à chaque point ou problème qu'ils soulevaient, nous apportions une réponse sur la façon dont nous essaierions de le gérer. Nous sommes rendus compte ce soir là, ma douce et moi, que notre projet était arrivé à maturité dans notre tête.

N'empêche... Je "pète de trouille" comme on dit !!! Aussi bien pour mon adaptation au rythme de travail sur l'exploitation que pour l'acclimatation de la famille dans la région. Les enfants vonts passer d'une école de 300 élèves à 70 maxi, et les copains seront un peu plus loin... Mais ma famille est à une heure de route, ca permettra d'avoir des visites le we, même si j'espère avoir des we tranquilles avec ma p'tite tribu !!

A tout ceux qui pensent que les "citadins" idéalisent le monde rural et agricole, que le ciel bleu et le soleil sont imaginaires, je vous dis ceci : ne pensez pas qu'en ville ce soit forcément mieux, et si quelqu'un a envie de sauter le pas, montrez lui les mauvais cotés, mais n'oubliez pas aussi les bons... Beaucoup de gens ont essayé de me décourager de m'y lancer "trop dur, pas rentable, esclave de la terre", j'en ai entendu d'autres aussi me dire qui ont eu l'honneteté de me dire qu'ils ne changeraient de vie pour rien au monde, même si la situation actuelle était plus difficile....

Alors nous avons choisi d'y aller : nous préférons vivre avec des regrets si ca rate, plutot qu'avec le remords toute notre vie de ne pas avoir sauté le pas.

Nous sommes conscients que nous faisons "le grand saut". Je ne fais pas que changer de métier, notre famille change de vie...

Espérons que ca marche (on a essayé de tout faire pour !)

Benoit

CornGrower
03/09/2008 10:10 2485

Super Ben !

Bravo et surtout tiends nous au courant !

korana
30/09/2008 11:42 2535

Moi j’ai une réelle envie de m’installer dans les céréales avec majoritairement du blé. Pour cela je vais suivre une formation BPREA. Je suis actuellement en poste en CDI mais moins d’un an d’ancienneté dans cette entreprise mais en tout 2 ans de travail effectif. Le plus fou c’est donc que je n’ai pas le droit au fongecif et que la seule solution de pouvoir faire financer ma formation est de se retrouver au chômage. Déjà pour un point de départ, c’est moyen?

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En plus j’ai en fait plein de questions pour lesquelles il est difficile d’avoir aujourd’hui une réponse solide sur laquelle s’appuyer et rassurante pour l’installation. En effet, je ne suis pas issue d’une famille d’agriculteurs donc pas de terres, ni matériel, ni installation. Les seules solutions qui s’offrent à moi : reprise d’exploitation ou associé. Je préfèrerais nettement une reprise d’entreprise car je souhaite m’installer avec mon ami qui a une formation agricole et qui est passionné par cela également. J’ai donc regardé un peu les prix de reprise d’exploitation agricole et je dois dire que cela ne va pas être chose facile de trouver ce qu’il convient à un prix raisonnable et surtout « finançable ». Le pire, c’est que pour certaines reprises, il était exigé un apport personnel assez important.

 

Comment donc faire face à des financements si importants ?

De plus même si des aides sont données aux jeunes agriculteurs, le montant maxi de 110000€ (avec maxi 20000€ pour le foncier)?.ça paraît difficile pour l’achat de l’immobilier?

 

Et je suppose que les crédits ont une limite maximum?ce qui est logique !

 

Dans ce cas, comment faire dans le concret ???

 

Je vais mettre ce post ici et sur le forum echanges citadins agriculteurs au cas où certains d'entre vous pourrait m'aider pour avancer dans la réflexion.

 

Merci d'avance

 

majo12
01/10/2008 11:18 2537

Ben, réaliser son rêve est tès important car le doute est pire. J'ai fais le grand saut en 2000 après 6 mois de réflexion. De salarié, je suis devenue exploitante. Il faut dire que tous les jours je faisais 100 kms pour me rendre et revenir du travail. Vie de famille nulle et très perturbée. Mon retour a été apprécié par toute ma tribu et j'ai pu voir grandir mes enfants et oublier le mot "vite"(remarque faite par mes enfants).

Bien sur que des difficultés sont là( sècheresse à répétition, FCO et ses contraintes,augm des carburants et des charges en général) mais je n'ai ABSOLUMENT aucun regret si ce n'est de l'avoir réalisé plus tôt.

 

ben
06/10/2008 12:27 2546

Bonjour,

@majo12 : merci, tu me réconforte dans l'idée que "ca va beaucoup changer" mais "ca ne sera pas forcément moins bien... Je dirais même mieux". 

C'est à peu près ce que nous pensons, je ne sais pas encore comment cela se réalisera, mais j'espère que ca se passera bien... Nous avons eu une réflexion plus longue que la tienne, mais qui était liée aussi aux éléments à mettre en place pour la réalisation : un concours d'instit pour ma douce, passé 2 fois, et un BTS pour moi.... Alors maintenant qu'on a tout, on va essayer d'en profiter...

@korana : pour ta formation, chomage ou fongecif, ce qu'il te faut c'est un financement. Je ne sais pas dans quelle région tu vis, mais pour ma part, je n'ai eu aucun mal à faire ma formation pendant ma période de chomage, et à retrouver un CDD ensuite. Ca aurait pu être un CDI, mais le CDD me convenait tout à fait : je me suis débrouillé pour qu'il se termine au moment où nous déménagerons. De cette façon, je n'ai pas à démissioner, et au pire, si ca ne marche pas, j'aurais 24 mois d'indemnité qui m'aideront à me retourner. Je sais, c'est pas beau de raisonner en pensant au chomage, mais ca va me permettre de me lancer dans mon activité avec un minimum de "filet de sécurité"...
Pour ton installation, renseignes toi bien : si tu vises des régions de forte production, tu auras du mal à trouver quelque chose d'abordable, à moins de trouver une transmission à prix raisonnables avec une période de transition avec le cédant. Je crois que dans le dépt 37, la chambre d'agriculture a mis un tel mécanisme en place : une période de "stage" indemnisé sur une ferme pour voir si ca te convient, si tu conviens au cédant, et se mettre d'accord sur un prix.
Quoi qu'il en soit, ne regarde pas seulement le prix d'achat, mais aussi le potentiel de l'exploitation en vente : s'il est bon, cela peut justifier un prix élevé mais également des possibilités de rembourser l'emprunt sur une durée "raisonnable"... Malheureusement dans certaines régions, ca a quand même tendance à flamber sérieusement...

 
Parlons agriculture