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Forums > Pratiques et systèmes agricoles > l'Agriculuture bio-dynamique : une douce utopie ou un ensemble de techniques cohérentes et crédibles ? - 11 commentaire(s)
Marc Will
21/05/2008 23:50 194

L'Agriculuture bio-dynamique : une douce utopie ou un ensemble de techniques cohérentes et crédibles ?

L'agriculture bio-dynamique existe depuis plus de 80 ans, elle est représentée dans plus de 60 pays, ses principes reposent sur la regénération des sols et le respect des cycles de la nature, mais s'agit -t-il de méthodes culturales ayant fait leurs preuves ou plutôt d'une philosophie ( basée sur l'anthroposophie et l'école de steiner) ?
Jerome
22/05/2008 16:51 1860

L'utopie n'est elle pas plutôt de poursuivre l'appauvissement des sols ? De maintenir des prix agricoles si bas qu'ils permettent à peine à faire vivre les agriculteurs ? De favoriser une agriculture non viable par un système d'aides et de subventions ? De laisser croire aux gens qu'il est couteux de se nourrir alors que la part de l'alimentaire dans le buget familial a été divisé par 4 en 50 ans ? De créer les pathologies de demain (maladie cardio-vasculaire, obésité, cancers...) avec une hygiène alimentaire déplorable dont une part incombe aux produits "agricolo-chimiques" consommés ? De vivre de la terre et pourtant détruire toute trace de vie (monoculture intensive, produits phytosanitaires, pratiques...) ? Favoriser les cultures sans prendre en compte le climat ?

CornGrower
22/05/2008 18:06 1868

Posez la question à "Robin des Champs" il va vous expliquer la méthode de "Fukuoka" c'est en quelque sorte une bio-dynamiste à la Japonaise.

madcow
28/05/2008 22:29 1988

la biodynamique est une technique d'analyse est de gestion globale du systéme d'exploitation tant au point de vue des culture des élevages présent mais aussi de la relation du fermier avec sont environnemt
l'objectif agronomique énoncé par la biodynamie a savoir la création d'un cycle agronomique complexe entre les differents élément qui compose la ferme qui sois capable de s'autoentretenir et de créer une production,  cette objectif pour ma part est le bon sens méme est devrais étre l'objectif de tout fermier responsable
adhérant a plusieur moyen pour obtenir ces résultat (compostage,utilisation de décoction de plante,..) je suis plus septique sur d'autre moyen plus "mystique"
1000 personnes 1000 vérité alors a nous de trouvé notre chemin

alex
16/06/2008 18:46 2174

l'agriculture bion dynamique au jour d'aujourd'hui est une phylosophie. si l'agriculture intensive est dépassée il faut une agriculture raisonnée. mais pass une agriculture bio comment ferions nous pour nourir la population mondiale?

Christophe
18/06/2008 09:14 2180

À alex.

 D'où vient le fait que 800 milions de personnes ne mangent pas à leur fin dans le monde ? La Via Campesina (http://viacampesina.org/), un organisme qui regroupe des paysans du monde entier, estime que c'est à cause de l'ouverture des marchés agricoles au niveau mondial. Marché inégal entre les pays riches dont l'agriculture est subventionnée et l'agriculture des pays pauvres gouvernés de manière plus ou moins démocratique.

-> Solution : supprimer les subventions pour rétablir une concurrence un peu plus loyale (pour ça, il faudrait aussi des moyens de production similaires).

 De plus, on estime qu'il y a environ 40% de la nourriture qui est jetée chaque année, dans les pays riches. De plus, les pays riches consomment beaucoup plus de viande qu'ils n'en ont besoin, réduisant du même coup, la surface cultivable, il faut en effet environ 10 protéines végétales pour créer un protéine animale.

-> Solution : ne pas jeter sa nourriture, acheter ses produits directement chez les producteurs (moins d'intermédiaires=moins de gaspillage), réduire sa consommation de viande.

 Enfin, l'agriculture des pays du nord n'est pas applicable aux pays du sud à cause d'un état de la terre et de conditions climatiques différentes. On estime en effet que, si l'agriculture productiviste donne de meilleurs rendements que l'agriculture biologique dans les pays du nord, c'est exactement l'inverse qui se passe pour les pays du sud pour lesquels on peut avoir jusqu'à 50% de rendement en plus (source : http://onpeutlefaire.com/l-agriculture-biologique-peut-elle-nous-nourrir-tous).

J'ajouterai qu'avant que les occidentaux colonisent les pays du sud, ceux-ci n'avaient pas besoin d'importer leur alimentation. Pour qu'ils se nourrissent, ceux-ci doivent produire pour eux-même.

nainnain
22/06/2008 16:57 2195

moi je veux bien te vendre du lait et de la viande , mais tu ne pourras pas boire ni manger toute ma production laitière et animale , mon climat local est plus adapté pour du blé tendre que pour cultiver du soja , pour étre sur de récolter des tomates ici ,il faut recourir à la serre et méthodes de forçage  et puis si il n'avait pas de ravageurs de culture pas besoin de pesticides idem pour les mauvaises herbes car je ne pense pas qu' un client qui achète des tomates veut une botte de foin avec , j'oublie un truc qui est d'ailleurs souvent oublié je veux bien travailler mais je veux un salaire trés confortable (pas celui que j'ai actuellement !) si les agriculteurs français étaient payés au même tarif que les joueurs de foot (c'est d'actualité )  pour faire de l'agriculture biodynamique cela poserai moins de problème pour trouver des volontaires ....... ma laiterie (qui transforme mon lait ) a dit qu'elle paye le litre de lait bio au même prix que l'autre donc c'est tout vu ...

franck
24/06/2008 13:12 2202

A Christophe :
Nainnain a raison... Les belles idéologies sur le grand capital qui mange les pauvres du sud c'est bien pour tourner des téléfilms de France3, mais ça ne nourrit pas son homme.
Supprimer les aides PAC ça enrichirait encore plus les pros de l'import-export, les fameuses "multinationales" qui tentent d'avoir la main sur l'arme alimentaire, mais ça ne sortirait certainement pas les collègues paysans d'Afrique ou du Brésil (voire des PECO) de leur misère !

Pour exporter, il faut des gros volumes, donc des grosses exploitations. J'en veux pour preuve le choix des albanais d'aller chercher des pleins camions de pommes de terre à Istanbul plutôt que de passer un mois à collecter un sac chez un agriculteur albanais, un demi sac chez l'autre : Il y a des villes à nourrir avec du volume et pas seulement quelques petits bourgeois gâtés dans des banlieues chics qui attendent le produit agricole d'antan - du moins ils le pensent - qui a le bon goût salé de la sueur du paysan sous-citoyen et sous-rémunéré...

Avec les collègues d'Agriculteurs Français et Développement International (AFDI), voilà 40 ans que l'on travaille avec les paysans africains pour les accompagner dans leur structuration :
Le vrai problème n'est pas seulement l'importation de produits subventionnés, c'est surtout de les aider à s'organiser pour mettre en place des circuits de collecte et de distribution pour organiser les marchés vers leurs villes, de les épauler pour qu'ils ne se fassent pas escroquer par des négociants sans scrupules (qui récupèrent largement par les prêts à taux usuriers qu'ils leur consentent toute l'année ce qu'ils daignent leur payer pour leur récolte). Le problème, c'est aussi souvent des gouvernements corrompus et/ou incapables qui n'accompagnent pas le développement de leur agriculture.

A Jérôme :
Je ne vois pas en quoi l'usage de produits phytosanitaires est la cause de maladies cardio-vasculaires et de l'obésité.
Les excès alimentaires des individus le seraient certainement plus. Par contre, il est avéré que certaines mycotoxines retrouvées dans produits Bio sont particulièrement dangereuses pour la santé.
Comme pour tout, ce sont les excès qui sont néfastes, mais pas les pratiques raisonnées !
Il est facile de vendre de la peur en extrayant de leur contexte quelques chiffres.
Une chose est sûre, la hausse des produits pétroliers amènera à une moindre consommation d'intrants chimiques. Mais il faut absolument que l'Etat et l'Europe donnent les moyens à la Recherche de trouver des solutions alternatives applicables en plein champ, certainement en partant de pratiques biodynamiques locales ou en étudiant les synergies naturelles de certains micro-éco-systèmes.

7597
24/06/2008 22:48 2206

franck

Bravo pour ton analyse.

quand on est pas dedans c'est facile de parler. En 2007 avec l'été pourri que l'on a eu, si il n'y avait pas eu de phyto pharmacie pour lutter contre le mildiou, il n'y aurait pas eu ni pommes de terre, ni raisin , ni tomate en Europe. Voilà. Quand je suis malade je me soigne! Un jour par la génétique ou autre moyen moderne la plante pourra lutter par elle même. Seulement il faut s'en donner les moyens et faire confiance en la recherche  et en l'avenir! Ce n'est pas en faisant peur en jouant sur l'ignorance des gens que l'on va avancer. Et qui n'avance pas, recule. Parce que d'autres avancerons à notre place.

indiagro
25/06/2008 06:03 2207

Homeopathie pour les plantes, magnetisme, rayonnement cosmique, preparation biodynamique ...

Pourquoi pas?!  Connaissez vous de bon sites internet ou des ouvrages sur ces sujets.

Il y a des techniques qui semblent plus ou moins credibles mais ca peut etre etre interressant de voir comment ca fonctionne et voir quels sont les resultats.

Il semble que ce sont des techniques souvent peu couteuses et relativement faciles de mise en place. Donc si ca permet d'ameliorer mon sol et d'appaiser les problemes sanitaires ca vaut le coup de s'y interesser. Je suis susceptible d'y croire, apres tout chacun a le droit de croire en ce qu'il veut ou de rejeter des croyances plus populaires.

 Apres je ne vais probablement pas mettre tous mes oeufs dans le meme panier. C'est a dire je ne me sens pas pret me lancer a fond dans une seule conception...

Merci pour vos reponses

skywalker
25/06/2008 22:14 2214

perso,  je pense qu'il faut faire confiance aux organismes agricoles type chambre d'agriculture, inra, etc ...
je suis dans le milieu viticole et j'ai bien conscience que ce milieu est un des premiers pollueurs en matière d'intrants (quand on compte 7/8 traitements sur trois mois, je crois qu'on est les seuls à en balancer autant, et ce sans compter les herbicides et autres insecticides)

j'ai souvent l'occasion de cotoyer des techniciens et ingénieurs de CA / ITV, etc ... ces personnes mettent en place de nombreuses choses afin de pallier au probleme des intrants (gestions des effluents, modulation de doses, etc...) mais ce travail ne se fait pas en trois jours, il faut plusieurs années pour valider un protocole expérimental.

par exemple, l'utilisation du cuivre. les techniciens se sont appreçu qu'en divisant la dose par 100, la molécule présentait toujours une activité fongicide. exemple certes à prendre avec des pincettes, mais les faits sont là.

autre exemple, le glyphosate, il y a quelques années, les doses employées étaient 10 ou 15 fois supérieures à celles que l'on utilise aujourd'hui. mais il reste efficace aujourd'hui !

les analyses faites sur le matériel utilisé,( qui permet lui aussi de mieux maitriser sa protcetion phyto) sont elles aussi faites par ces techniciens.

combien d'exploitants mettent en oeuvre des modulations de doses sans prendre de risque ! à 0,7N, les traitements restent efficaces ! certes certains agri ont pris les devant, car ils savent prendre des risques, mais aujourd'hui cela est generalisable car les chambres travaillent efficacement la dessus.

il me semble aussi que le lobby pharmaceutique anihile pour beaucoup les efforts des chambres, qui  se voient étranglées par les budgets. en effet, nombreux sont les chefs de services qui doivent courir après les ressources financières. ces meme ressources qui finalement sont allouées par les ba..er, syn...ta, mon...to et compagnie.

après, pour en venir au sujet, l'agriculture bio est une tendance commel'agriculture "total chimique" l'a ete dans le passé. tout le monde reconnait les erreurs du passé aujourd'hui et personne n'est près à les poursuivre. je le vois dans le vignoble ou je travaille. il y a 5 ans, presque toutes les parcelles etaient entièrement desherbées; aujourd'hui ces cas sont rares, voir inexistant. il y a une prise de conscience considérable.
sans aller jusqu'à l'extreme, le bio peut s'avérer etre une bonne sortie dans certaines cultures. de la à parler d'energie telluriques, cosmiques et compagnie, faut pas déconner non plus. pourquoi pas dieu tant qu'on y est !

le concept des preparation bio-dynamique (B-D) presente un certain aspect des choses.( sans aller jusqu'aux vessies de cerfs bourrées de je ne sais quoi enterrées durant 13 lunes puis deterrées lorsque le verseau est dans jupiter, ou l'inverse) souvent, ces preparations sont faites à base de plantes. nous avons donc là des decoctions phytothérapeutiques. ( à ne pas confondre avec l'homéopathie )
les plantes ont largement démontrées leurs rôles dans notre pharmacopée (acide acetyl-salicilique issue du saule ou de la reine des prés qui n'est ni plus ni moins que l'aspirine). donc leur utilisation sur parcelles me semble une bonne chose. reste à gerer leur application ! surtout face aux fournisseurs phytos qi privilégieront toujours les produit à forte plus-value pour eux !

il me semble avoir lu plus haut que la B-D "existe depuis plus de 80 ans". je crois qu'il y a un total fourvoiement là.  la bouillie bordelaise a quoi, aller 130 ans. avant l'arrivage massif des produits phytos de synthèse, et les autres, nos paters ont trimés comme des tarés, et d'autres le font encore aujourd'hui  mais pas par choix ! la B-D est un choix dans NOS sociétés, n'oublions pas çà !

... enfin, on ne changera pas la face du monde avec ce type d'agriculture. il y a deja je ne sais combien d'affamés sur cette terre, mais avec ce type de culture, je crois que l'on peut multiplier ce chiffre !

l'agriculture raisonnée, lorsqu'elle est totalement respectée me paraît etre une meilleure solution aujourd'hui.(je n'ai pas dit LA, mais UNE).
disons faute de mieux ....

LouMartin
05/08/2008 22:20 2418

La biodynamie représente pour moi (peut être de manière simpliciste) la simple compensation des prélèvements occasionnés par l'activité humaine. Cependant dans cette recherche d'harmonie le risque est de pillé les ressources minières des pays du sud.

 
Parlons agriculture