A
cette question de la capacité de l’agriculture mondiale à satisfaire les
besoins alimentaires à la hausse de la planète, dans un meilleur respect de
l’environnement et en contribuant simultanément à satisfaire une demande non
alimentaire, énergétique et de chimie verte, se superposent, au minimum dans
certains pays développés et plus spécifiquement dans ceux de l’Europe de
l’Ouest, des interrogations portant sur la qualité des produits de notre
alimentation, à la fois sur le plan de la sécurité des aliments et de leurs
propriétés gustatives.
Pourtant, en France notamment, les produits agricoles et
agroalimentaires n’ont jamais été aussi surs qu’aujourd’hui. Dans notre pays,
l’espérance de vie ne cesse de croître. Jamais dans l’histoire les produits
agricoles et agroalimentaires à disposition des consommateurs français n’ont
été si abondants et diversifiés. Dans ce contexte, pourquoi alors ces
interrogations sur la qualité - au sens large - des produits alimentaires que
nous mangeons :
Luxe d’un pays riche alors que le nombre de personnes qui
ne disposent pas du minimum alimentaire vital est toujours scandaleusement
toujours bien trop élevé ?
Nostalgie du temps passé, les nouvelles
attentes à l’égard de notre alimentation reflétant davantage la crainte du
futur dans le cadre d’une mondialisation qui s’impose sans qu’il soit possible
de la maîtriser, d’une société française en évolution permanente, d’une
agriculture toujours plus industrialisée, insuffisamment respectueuse des
ressources naturelles, avec de moins en moins d’agriculteurs, etc. ?
Diversification des produits certes, mais reflétant davantage les stratégies
des industriels et des distributeurs de l’alimentation qui cherchent à imposer
leurs produits au détriment des désirs réels des consommateurs ?
Crainte,
aujourd’hui relayée par l’augmentation spectaculaire des cours de nombreux
produits agricoles et agroalimentaires, de ne plus avoir accès à une
alimentation suffisante sur le plan quantitatif et qualitatif dans un contexte
où les prix et les revenus restent, pour bon nombre de nos concitoyens (et bien
plus encore, malheureusement, pour une majorité de citoyens du monde), les
déterminants premiers de l’acte de consommation alimentaire ?
Crainte renforcée
par les crises alimentaires de ces dernières années, en premier lieu celle de
la « vache folle » ? Etc.