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L’agriculture mondiale devra produire plus et mieux. Et l’agriculture française ? mieux certainement, mais plus ?

L’agriculture de demain et d’après-demain devra produire plus et mieux. Plus pour nourrir une population mondiale qui devrait compter environ 9 milliards d’individus à l’horizon 2050. Mieux car il importe d’assurer une meilleure protection de l’environnement et des ressources naturelles ; il s’agit en particulier de relever les défis que sont la lutte contre le changement climatique et la réduction des émissions de Gaz à effet de serre (GES), la préservation de la biodiversité, la protection des ressources eau et sol, etc.

Parallèlement, l’économie mondiale doit faire face au défi énergétique lié à la raréfaction des énergies fossiles qui se traduit par la recherche d’énergies de substitution. L’agriculture est d’ores et déjà mobilisée à cette fin, notamment dans le cadre de la production de biocarburants qui remplacent les carburants fossiles utilisés dans les transports routiers. Le développement des biocarburants de par le monde est encore très modeste en termes de tonnages et de ressources végétales mobilisées ; il suscite néanmoins peurs et inquiétudes qui se traduisent par au mieux des interrogations telles que « manger ou conduire : demain, faudra-t-il choisir ? » ou encore « la pénurie alimentaire demain ? ».

 

A cette question de la capacité de l’agriculture mondiale à satisfaire les besoins alimentaires à la hausse de la planète, dans un meilleur respect de l’environnement et en contribuant simultanément à satisfaire une demande non alimentaire, énergétique et de chimie verte, se superposent, au minimum dans certains pays développés et plus spécifiquement dans ceux de l’Europe de l’Ouest, des interrogations portant sur la qualité des produits de notre alimentation, à la fois sur le plan de la sécurité des aliments et de leurs propriétés gustatives.

Pourtant, en France notamment, les produits agricoles et agroalimentaires n’ont jamais été aussi surs qu’aujourd’hui. Dans notre pays, l’espérance de vie ne cesse de croître. Jamais dans l’histoire les produits agricoles et agroalimentaires à disposition des consommateurs français n’ont été si abondants et diversifiés. Dans ce contexte, pourquoi alors ces interrogations sur la qualité - au sens large - des produits alimentaires que nous mangeons :

Luxe d’un pays riche alors que le nombre de personnes qui ne disposent pas du minimum alimentaire vital est toujours scandaleusement toujours bien trop élevé ?

Nostalgie du temps passé, les nouvelles attentes à l’égard de notre alimentation reflétant davantage la crainte du futur dans le cadre d’une mondialisation qui s’impose sans qu’il soit possible de la maîtriser, d’une société française en évolution permanente, d’une agriculture toujours plus industrialisée, insuffisamment respectueuse des ressources naturelles, avec de moins en moins d’agriculteurs, etc. ?

Diversification des produits certes, mais reflétant davantage les stratégies des industriels et des distributeurs de l’alimentation qui cherchent à imposer leurs produits au détriment des désirs réels des consommateurs ?

Crainte, aujourd’hui relayée par l’augmentation spectaculaire des cours de nombreux produits agricoles et agroalimentaires, de ne plus avoir accès à une alimentation suffisante sur le plan quantitatif et qualitatif dans un contexte où les prix et les revenus restent, pour bon nombre de nos concitoyens (et bien plus encore, malheureusement, pour une majorité de citoyens du monde), les déterminants premiers de l’acte de consommation alimentaire ?

Crainte renforcée par les crises alimentaires de ces dernières années, en premier lieu celle de la « vache folle » ? Etc.


 
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