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Hommes en agriculture : Paysan, pourquoi pas vous, pourquoi pas moi ?

lundi 19 Mai 2008, 08:30

Article

L'image d'Épinal du paysan naissant et mourrant sur une ferme repliée sur elle-même est bel et bien dépassée! Les entreprises agricoles sont résolument tournées vers l’ouverture et permettent la mobilité sociale et professionnelle. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les plus de 40 ans représentent actuellement 40% du total des agriculteurs qui s'installent en agriculture. Selon les experts, ce chiffre ne fera que croître d'ici 2020 (Lefebvre, 2008). La mobilité professionnelle en agriculture est liée tout à la fois à l’arrivée de personnes ayant déjà exercé une activité antérieure (hors agriculture) et un nombre croissant de départs précoces.

L’agriculture est une activité qui peut se choisir en avançant dans l’âge mais qui peut également se quitter précocement malgré un choix de jeunesse.

Il est fini le temps où l’on était agriculteur à vie ! Entre 12 000 et 13 000 chefs d’exploitation abandonnent leur métier avant l’âge de 55 ans. Ceci représente environ 40% des cessations d’activité enregistrées chaque année. Si les études du Centre National pour l’Aménagement des Structures des Exploitations Agricoles montrent que des raisons économiques peuvent parfois conduire des agriculteurs à quitter précocement le métier d’agriculteur, ces départs ne sont pas toujours synonymes d’échecs. Toujours selon les experts du CNASEA, ils pourraient servir pour moitié à la libération de foncier pour de nouveaux installés.

Si l’entrée dans le métier d’agriculteur est de plus en plus tardive, elle relève plus de l’initiative que de la contrainte. L’agriculture n’est plus un métier réservé aux seuls fils d’agriculteurs. L’insertion en agriculture n’est plus uniquement une question de filiation, de sexe ou d’âge. Ces nouveaux venus d’ailleurs qui participent aujourd’hui à plus de 30% des installations seront certainement parmi les piliers des entreprises agricoles de demain.

Question
Franchiriez-vous le pas ? Quitteriez-vous un métier de cadre pour vous installer paysan ? Seriez-vous prêt à encourager votre fils ou votre fille à s’installer ?

Auteur de cet article : François Purseigle

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Pratiques et systèmes agricoles : penser et agir de manière systémique

lundi 19 Mai 2008, 08:26

Article
Au cours des décennies 60 et 70, les pesticides faisaient figure de solution miracle. La recherche, qui a suivi ce mouvement, n'a pas suffisamment investi dans les alternatives. Ensuite, on a voulu nous faire croire que les OGM allaient tout résoudre. Pendant ce temps on a oublié de voir qu’en comprenant mieux la manière dont fonctionne l’agro-écosystème, on pouvait en mobiliser le fonctionnement à notre profit ; valoriser les auto-régulations,  maîtriser les parasites en favorisant leurs prédateurs, utiliser la diversité génétique comme source de stabilité des populations parasitaires et la fixation symbiotique des légumineuses comme moyen d’alimenter les autres plantes en azote? J’ai la faiblesse de croire que si le monde avait investi autant d’argent dans la recherche sur les régulations biologiques de l’agro-écosystème que sur les pesticides ou sur les OGM, on serait beaucoup plus avancés sur le chemin d’une agriculture durable. On doit aussi penser et agir de manière systémique au niveau de la société: Agir sur l’emploi des pesticides ne passe pas seulement par des réglementations sur les pesticides ; de la même manière, agir sur les pratiques agricoles ne passe pas seulement par des politiques visant les agriculteurs ; enfin, agir sur des dynamiques économiques et sociales à forte inertie, comme celles qui régissent les systèmes agricoles, supposerait une constance dans les messages adressés aux acteurs, une constance des politiques publiques et une transparence dans l’évolution des réglementations.

Question
L’un des obstacles majeurs au développement d’une agriculture durable, n’est-il pas dans le fait que les politiques publiques ne sont pas elles-mêmes durables ?

Auteur de cet article : Jean-Marc Meynard

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Pratiques et systèmes agricoles : Un besoin de nouvelles variétés adaptées à l’objectif de réduction des pesticides

vendredi 16 Mai 2008, 17:35

Article

Les entreprises semencières concentrent leurs efforts sur un petit nombre d'espèces (blé, colza, soja, coton, maïs et quelques autres) qui constituent les plus gros marchés. L’écart de productivité se creuse entre ces espèces et celles qui sont l’objet d’un effort de sélection moindre, ce qui rend plus ardue la diversification des rotations. De même, malgré les efforts de certains semenciers, on dispose encore aujourd’hui d’un trop petit nombre de variétés suffisamment résistantes aux maladies pour permettre des réductions de fongicides. Il serait nécessaire de donner un signal fort aux entreprises de sélection végétale pour les aider à infléchir leurs programmes ; mais il ne faudra pas en attendre de résultats avant 10 ans !  De manière générale, les pouvoirs publics doivent se mobiliser davantage pour promouvoir les alternatives aux pesticides. Par exemple, alors que les mécanismes économiques poussent à la spécialisation, la diversification des cultures n'est pas encouragée . Autre exemple : le commerce des semences de mélanges de variétés de céréales, prévu depuis longtemps dans le droit européen (Directive européenne 66/402/CEE[1]), n'est pas encore autorisé en France?

Question
Quelles mesures incitatives pour favoriser la sélection et l’usage de variétés résistantes aux maladies et aux parasites ? Les variétés OGM deviennent elles acceptables si elles permettent de réduire significativement l’usage des pesticides ?



[1] « Les Etats membres  admettent que des semences d'une espèce de céréales soient commercialisées sous forme de mélanges déterminés de semences de différentes variétés dans la mesure où lesdits mélanges sont de nature, sur la base des connaissances scientifiques ou techniques, à être particulièrement efficaces contre la propagation de certains organismes nuisibles et pour autant que les composants du mélange répondent, avant mélange, aux règles de commercialisation qui leur sont applicables. »

 

Auteur de cet article : Jean-Marc Meynard

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Pratiques et systèmes agricoles : des méthodes de production intégrée économes en intrants existent

vendredi 16 Mai 2008, 17:26

Article

Pour atteindre un objectif ambitieux de réduction des pesticides, comme la diminution de 50% du nombre de traitements, il faut réduire les risques en amont, en diversifiant les rotations, en choisissant de ne cultiver que des variétés résistantes aux maladies, en évitant que l’inoculum ne se multiplie dans les champs d’à coté ou ne se diffuse, en favorisant les auxiliaires (ennemis naturels des ennemis des cultures). On est ici dans le domaine de ce que l’on appelle la « production intégrée », où les produits phytosanitaires sont utilisés en dernière instance.

D’ores et déjà, des méthodes de production intégrée existent et sont mises en œuvre par certains agriculteurs. Par exemple, des conduites de culture à bas intrants existent pour le blé, le tournesol, le colza... Des changements de variété, des modulations de date ou de densité de semis, des adaptations de la gestion de la fertilisation ou de l’irrigation permettent de réduire l'usage des produits phytosanitaires. Les associations de variétés dans le même champ permettent de créer des complémentarités de résistance aux maladies. Nous avons obtenu des résultats très probants sur le blé, l'orge les pommes de terre ou les pommiers. Pratiqué en agriculture biologique, et aujourd’hui au point en production intégrée, un mélange entre céréales et légumineuses (par exemple blé et pois) stimule également la résistance aux maladies ; il est de surcroît plus résistant qu’une légumineuse pure à l’envahissement pas les mauvaises herbes, et moins exigeant en engrais azoté qu’une céréale pure. La diversification des assolements et rotations diminue la pression parasitaire, mais si elle est bien raisonnée, peut avoir aussi d’autres avantages écologiques. Ainsi, la substitution du sorgho au maïs limite les quantités d'eau utilisées. Les protéagineux, qui permettent de réduire les consommations d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre (CO2, N2O), disparaissent malheureusement des rotations céréalières, et ce dans l'indifférence générale. Enfin, les haies et bandes enherbées permettent le développement des prédateurs des parasites des cultures à proximité des champs et vergers.

Question
Pourquoi ces méthodes restent peu connues, peu diffusées et en définitive peu utilisées, alors que les expérimentations ont monté leur rentabilité, alors que les agriculteurs qui les mobilisent en sont satisfaits ? ? Comment faire pour les promouvoir, les améliorer, les adapter à la diversité des sols, climets et régions françaises ?

Auteur de cet article : Jean-Marc Meynard

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Hommes en agriculture : Le salariat agricole, des métiers d’avenir ?

vendredi 16 Mai 2008, 17:18

Article
Nous l’oublions trop souvent mais les hommes de la terre ne sont pas seulement des chefs d’entreprise ! La concentration et la spécialisation des systèmes d’exploitation agricole a conduit à un accroissement du nombre de salariés agricoles. En 2005, ces derniers représentaient pas moins de 31,5% de la population active agricole et leurs activités correspondaient à près du tiers du volume du travail réalisée. Les productions maraîchères, viticoles et arboricoles sont les plus pourvoyeuses d’emplois de type salarié. Pour ces trois secteurs, ce sont les saisonniers qui prédominent en nombre. Les secteurs de l’élevage ont davantage recours à une main d’œuvre permanente.

Nul ne peut nier que dans nombre de secteurs cette situation nourrit une des nouvelles formes de précarisation en agriculture auxquelles s’ajoutent des difficultés d’accès au logement notamment pour les plus jeunes et les travailleurs étrangers.

Nous sommes également entrés dans une période qui voit émerger un patchwork d’entreprises définies par une fluidité de métiers et une mixité de statuts. En ce sens, le secteur agricole apparaît comme un des véritables laboratoires où émergent de nouvelles formes innovantes de travail et où de nouveaux statuts sociaux et professionnels s’élaborent selon des modalités différentes d’hier. Le chef d’exploitation peut mélanger du salariat, peut diversifier ses sources de revenus, il peut également proposer des travaux en entreprise. Les combinaisons entre les métiers et les statuts sont de plus en plus importantes et variées. Et le temps partiel et le caractère saisonnier et temporaire de certaines activités agricoles ne sont plus uniquement synonymes de précarité ou de non qualification ! Certaines activités saisonnières peuvent témoigner d'une haute technicité et d'une haute responsabilité. Par ailleurs, le choix des métiers agricoles conduit très souvent à l'acquisition de nouveaux savoir-faire et savoir-être.


Question
Face aux réalités paradoxales qui entourent les nouvelles formes de salariat en agriculture les métiers de l’agriculture sont-ils, selon vous, des métiers d’avenir ?

Auteur de cet article : François Purseigle

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La pluridisciplinarité au service des biotechnologies végétales

mercredi 14 Mai 2008, 11:54

François Houllier
directeur scientifique "Plante et produits du végétal" de l’Inra
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Article

Les biotechnologies végétales couvrent un vaste spectre de techniques et de méthodes qui vont des méthodes aujourd’hui conventionnelles d’amélioration des plantes à la sélection assistée par marqueurs fondée sur la connaissance des génomes, de la culture in vitro à la transgénèse. Elles  sont aujourd’hui un outil, aussi indispensable que commun, des laboratoires de biologie et génétique végétale pour leur activité première d’acquisition de connaissances, de tests d’hypothèse et de compréhension du développement des plantes et de leurs interactions avec leur environnement physique et biologique. Le perfectionnement de ces technologies constitue ainsi, en soi, un objectif méthodologique ; il débouche, en retour, sur des questions, et des avancées, scientifiques majeures en biologie fondamentale.

 

Les biotechnologies sont aussi porteuses d’applications diversifiées, potentiellement utiles pour relever les défis de l’agriculture  notamment pour faire face à l’accroissement de la demande de biomasse végétale  voire dans les secteurs de la santé ou de l’environnement. Faire en sorte que leur développement soit maîtrisé et ne nuise pas à la diversité des formes d’agriculture nécessite d’en aborder toutes les facettes. Ainsi, l’évaluation de leurs bénéfices, de leurs impacts, de leurs risques éventuels et des conditions et conséquences de leur adoption et de leur déploiement mobilise des disciplines variées : la biologie végétale bien sûr, mais aussi l’écologie et l’agronomie, la phytopathologie et la microbiologie, la toxicologie et l’allergologie, ou encore l’économie, la sociologie et les sciences politiques. Les approches mises en œuvre doivent être aussi bien analytiques que systémiques, et déboucher sur une analyse comparative, au cas par cas, des systèmes de production dans toutes leurs dimensions.

 

Question
Peut-on réduire les recherches sur les biotechnologies végétales à un simple outil pour les chercheurs ? Comment en évaluer  les bénéfices, les impacts directs et indirects, voire les risques ? Quelles recherches et disciplines scientifiques leur déploiement en agriculture justifie-t-il de mobiliser ?

 

Auteur de cet article : François Houllier

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La sécurité alimentaire : oui, mais dans la durée

mardi 13 Mai 2008, 10:28

Jean-Claude Bevillard

Né en 1947, Secrétaire National de France Nature Environnement (3000 associations fédérés) chargé des questions agricoles,  membre du Conseil Supérieur d’Orientation agricole (Ministère de l’agriculture et de la pêche).

En Haute-Savoie, il est Vice-président de la Frapna (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature), chargé des questions agricoles

Professeur de collège, en Histoire et Géographie, jusqu’en 2007 ; élu municipal de 1989 à 2001.



Article
Le début de crise alimentaire mondiale nécessiterait, à en croire certains, que notre agriculture produise à tout prix, pour assurer la sécurité alimentaire de l’Europe et nourrir les pays du Sud.

Et pourtant si nous accentuons encore le productivisme agricole, que sera notre sécurité alimentaire dans 20, 30 ou 40 ans quand l’érosion aura privé beaucoup de sols de leur matière organique et quand la chute de la biodiversité mettra les cultures en grande fragilité face au parasitisme en les privant des auxiliaires naturels. La recherche d’une production abondante est légitime et vitale mais elle doit s’inscrire dans la durée ; les systèmes agricoles doivent être reproductibles sur le long terme. Toute autre choix est irresponsable à l’égard de nos enfants et des populations les plus pauvres de la planète.

Ce ne sont pas les exportations alimentaires de l’Occident qui vont permettre aux pays du sud de faire face aux menaces de famine mais bien le développement de leur agriculture vivrière.


Question
Le premier objectif ne doit-il pas être de diminuer fortement les importations europénnes de protéines pour favoriser l’autonomie de l’élevage français et la sécurité alimentaire des pays du sud ?

Auteur de cet article : Jean-Claude Bevillard

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Pratiques et systèmes agricoles : Les pesticides sont devenus le pivot des systèmes de production actuels.

jeudi 8 Mai 2008, 18:00

Jean-Marc Meynard, 53 ans, est ingénieur agronome, Directeur de recherche à l’INRA, spécialiste de protection intégrée des cultures et de la conception de systèmes de culture innovants. Il dirige depuis 5 ans le département pluridisciplinaire Sciences pour l’Action et le Développement.


Article

Nous assistons ainsi à une spécialisation sur les espèces les plus rentables, les rotations courtes étant rendues possibles par les herbicides, fongicides et insecticides. En retour, le recours croissant aux rotations courtes impose un accroissement de l'usage des pesticides. Il en va de même pour la conduite des cultures, qui vise une productivité élevée, mais exige par construction des traitements phytosanitaires massifs. Prenons l'exemple de la culture intensive du blé, telle qu’elle est pratiquée en France et plus généralement en Europe de l’Ouest. Pour maximiser les rendements, on sème tôt et densément, on alimente régulièrement la culture en azote, on choisit les variétés les plus productives, (qui ne sont généralement pas les plus résistantes aux maladies). Tous ces choix sont favorables à la productivité mais aussi aux insectes parasites, aux maladies fongiques et aux mauvaises herbes,:Ces systèmes sont cohérents avec la demande du marché, de produits à bas prix, de fruits et légumes extérieurement irréprochables, de produits hors saison?

Question
Les consommateurs sont ils prêts à assumer les conséquences possibles d’une réduction forte de l’usage des pesticides ? Les fruits issus d’une agriculture française économe en pesticides seront moins jolis extérieurement, moins souvent disponibles hors saison ; certains produits, certaines années seront peut-être un peu plus chers.  Le consommateur est-il prêt à assumer les choix du citoyen ? Quelle sera la stratégie de la grande distribution ?  

Auteur de cet article : Jean-Marc Meynard

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Hommes en agriculture : Agriculteurs / « Néo-ruraux », le dialogue est-il possible ?

mardi 29 Avril 2008, 10:46

François Purseigle est maître de conférence en sociologie rurale à l'Institut National Polytechnique de Toulouse ENSA Toulouse-Dynamiques rurales. Sa thèse sur l’engagement professionnel des jeunes agriculteurs a été couronnée par le Prix Léopold Escande de l’Institut National Polytechnique de Toulouse et la médaille d’argent de l’Académie d’Agriculture de France.

Voir la biographie complète de François Purseigle


Article
En Europe et plus particulièrement en France, la maîtrise de l'espace rural est constitutive de l’identité paysanne. L'agriculture a été pendant très longtemps pensée comme principale "animatrice" de l'espace et des activités rurales. A l'inverse, ne peut-on pas dire aujourd'hui que, dans la plupart des pays industrialisés, c'est l'évolution de l'agriculture qui est de plus en plus conditionnée par l’arrivée de nouvelles populations et le devenir des autres activités ?

A rebours du discours ambiant sur la « désertification des campagnes », les chiffres témoignent que les campagnes françaises attirent une population de plus en plus importante. Elles comptent ainsi  un peu plus de 14 millions d’habitants (Source INSEE). Ainsi, les agriculteurs se trouvent désormais au centre de conflits nés de la confrontation entre leurs activités productives et les nouvelles fonctions résidentielles ou de loisir remplies aujourd’hui par l’espace rural.

Qu’il s’agisse de contentieux liés aux nuisances engendrées par des machines agricoles, à une irrigation jugée excessive, à la pollution des eaux, les contentieux en justice mettant en cause l’exercice même du métier d’agriculteur n’ont jamais été aussi nombreux. Montrés du doigt, les agriculteurs ont le sentiment d’être dépossédés du rural.

Question
Comment remédier à l’incompréhension ? Quel contrat  les agriculteurs pourront-ils nouer avec ces nouveaux venus ?

Auteur de cet article : François Purseigle

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Mon agriculture, ma région, mon développement durable : le commerce équitable pour être sûr de respecter les producteurs

lundi 28 Avril 2008, 09:55

Article :

De plus en plus, les consommateurs prennent conscience qu’un aliment est porteur de rapports sociaux et qu’en le consommant, on exprime aussi des options sur les valeurs auxquelles on tient. C’est dans cet esprit que sont apparus les qualificatifs de « commerce équitable » pour désigner des produits qui répondent à certaines garanties. Le fonctionnement démocratique des organisations paysannes, la juste rémunération de chacun dans la chaîne de production, les faibles marges des intermédiaires sont autant d’engagements qui font l’objet de vérifications périodiques.

 

De tels circuits concernent exclusivement des produits de pays en développement consommés dans les pays développés. On peut s’interroger sur l’intérêt qu’il y aurait à apporter de telles garanties y compris pour des productions européennes.

 

Les préoccupations sur le travail des enfants, sur les conditions de vie des travailleurs dans les campagnes, sur les niveaux de rémunération et de considération peuvent représenter autant d’enjeux pour qualifier un aliment et examiner sa contribution au développement durable.



Question :

Comment s’assurer qu’un aliment n’est pas porteur d’inégalités sociales, de discriminations, de travail des enfants, qu’il provienne de pays lointains ou du voisinage immédiat ?


Auteur de cet article : François Casabianca

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Alimentation et Plaisir : Faisons du pain, du fromage, du vin !

mercredi 16 Avril 2008, 14:27

Article
Avez-vous déjà fait du pain ? Sans doute, mais de la baguette ? Vous aurez alors remarqué combien c’est une opération difficile ! Avoir une belle croûte, dorée, mince, croustillante, avec une mie cuite, pas fade,  une belle odeur de fermentation? Celle ou celui qui s’essaye à cette réalisation comprend –souvent à ses dépens- combien les bons boulangers sont de remarquables professionnels, dignes d’admiration ; au lieu de manger négligemment sa baguette, elle ou il savoure un « beau produit », fondé sur la mise en œuvre intelligente de produits de belle qualité (la farine : savons-nous bien quels sont les divers types ? les différences entre les types ? et les levures ?)... Lire la suite


Question
Qu’est ce que le terroir ?

Auteur de cet article : Hervé This

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Mon agriculture, ma région, mon développement durable : exiger pour le choix de ses aliments des garanties de respect de l’environnement

mercredi 16 Avril 2008, 10:16

Article :
L’agriculture biologique a été conçue pour apporter toute garantie en matière de respect de l’environnement. Toutefois, elle ne représente qu’une fraction marginale de la production et de la consommation alimentaire.

Faut-il agir et organiser l’évolution de l’agriculture pour que cette forme d’agriculture devienne progressivement dominante ? Ou bien faut-il orienter tous les efforts pour que l’agriculture « conventionnelle » devienne progressivement plus respectueuse de l’environnement et que les formes les plus polluantes disparaissent ou soient pénalisées fortement ?

Comment prendre en compte les questions de paysage dans les évolutions de l’agriculture ? Et les liens que cette question peut entretenir avec les enjeux touristiques ?


Question :
L’étiquetage de tout aliment ne devrait-il indiquer clairement les effets environnementaux de toutes les opérations qui ont permis son élaboration ?

Auteur de cet article : François CASABIANCA

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Alimentation et Plaisir : Questions d’économie domestique

lundi 14 Avril 2008, 14:27

Article :
Dans le précédent billet, nous n’avons qu’effleuré la question de la cuisson de la viande. Pourtant, elle s’impose, et nous permettra d’évoquer les affaires d’ « économie domestique ».

Le terme n’est pas « branché » : dans « économie domestique », il y a « économie », d’abord, ce qui fait souvent penser  des restrictions, et « domestique », qui renvoie vers la maison, le foyer, une terminologie qui sent le « rassis », pour bien des jeunes qui rêvent d’évasion, de voyages, de sorties?

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Question :
N’est-il pas temps de rénover nos ustensiles culinaires, quasi inchangés depuis le Moyen Âge ?

Auteur de cet article : Hervé THIS

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Mon agriculture, ma région, mon développement durable : Se servir directement chez celui qui produit, c’est tellement mieux !

vendredi 11 Avril 2008, 15:53

Article :
Un aliment est d’abord le fruit du travail d’un agriculteur ou d’un éleveur qui s’investit dans le produit à consommer. Dans chaque région, il doit être possible de repérer les produits disponibles dans les filières fermières sans avoir besoin de se déplacer très loin de son lieu d’habitation. Ce repérage permet aux consommateurs de prendre contact avec les producteurs eux-mêmes, d’élaborer avec eux une organisation d’achat – vente directe et ainsi se libérer des contraintes de la grande distribution et des marchés de masse.

L’accueil à la ferme peut être complété par des foires et marchés où le producteur va au-devant de sa clientèle et peut ainsi assurer une relation humaine qui dépasse le produit et ses caractéristiques.

Certains producteurs ont également imaginé d’assurer une fourniture systématique à des consommateurs fidélisés sous la forme d’un panier rempli chaque mois uniquement par ce que fournit l’exploitation. D’autres invitent les consommateurs à venir réaliser eux-mêmes la récolte qu’ils vont ensuite emporter.

Lorsque cette relation se double de formes d’engagement sur les modes de conduite des cultures ou des animaux, on comprend que se dessinent les termes d’une agriculture que certains qualifient de « paysanne » pour la distinguer de formes plus orientées par l’industrie et/ou le commerce.



Question :
Pour tous les produits que l’on sait disponibles auprès des producteurs du voisinage, pourquoi ne pas systématiquement rencontrer ces producteurs et faire en sorte que les actes d’achat soient passés directement auprès d’eux ?

Auteur de cet article : François CASABIANCA

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Alimentation et Plaisir : Pourquoi manger des tomates en hiver ?

jeudi 10 Avril 2008, 14:26

Article :

Partons de questions simples. Pourquoi nous plaignons-nous des tomates ? Parce que nous les mangeons en hiver comme en été. Quand nous nous plaignons, c’est en hiver.

Pourquoi les tomates sont-elles moins bonnes en hiver qu’en été ? Parce que les tomates sont des fruits d’été, qui ont besoin de soleil pour croître, mûrir, se gorger de molécules sapides et odorantes. Beaucoup de sucres, des acides, notamment des acides aminés, des pigments, tel le lycopène (conseil culinaire : le lycopène est peu soluble dans l’eau, et plus soluble dans les graisses ; tenons compte de ce fait pour donner de la couleur à nos plats à base de tomates), des molécules odorantes variées?

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Question :
Où trouver les recettes du bon goût des légumes et des viandes ? Dans la tradition ? Dans la réflexion ?

Auteur de cet article : Hervé THIS

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Mon alimentation, les agricultures de France et du reste du monde : Les entreprises agroalimentaires françaises et le consommateur : les premières répondent-elles aux attentes du second ?

jeudi 10 Avril 2008, 12:50

Article :

(Tiré de Persillet V., mai 2007, Entreprises et filières agroalimentaires face à de nouveaux enjeux, http://www.inra.fr/internet/Departements/ESR/comprendre/js/filieres_agro.php)

En France, les 11 000 entreprises des "industries agroalimentaires" (IAA) contribuent pour 2%  au Produit Intérieur Brut (PIB).  Elles emploient 425 000 personnes, dont 92% relèvent d'entreprises ayant plus de 20 salariés. Deuxième employeur industriel français, les IAA occupent le troisième rang des exportateurs de produits agricoles et agroalimentaires et le premier rang des exportateurs de produits transformés. Dans un contexte fortement concurrentiel, y compris à l'échelle internationale, les stratégies d'entreprise sont influencées par l'ouverture progressive des marchés, par les règles commerciales (accords régionaux, bilatéraux ou multilatéraux) et par les exigences renouvelées des citoyens (environnement) et des consommateurs (sécurité alimentaire, qualité de l'alimentation...). Confrontées aux spécificités de leurs fournisseurs et aux attentes de leurs clients, les IAA doivent également faire face à des enjeux en matière d'emplois (en lien avec les attentes des politiques publiques), d'innovations technologiques (investissement dans la recherche et le développement) et de croissance économique à long terme...         Lire la suite ...


Question :
Les produits des industries agroalimentaires répondent-ils aux attentes des consommateurs ou sont-ils davantage le résultat de stratégies d’offre des industriels qui, en quelque sorte, imposent leurs choix, ou encore d’adaptations nécessaires aux contraintes exercées, par exemple, par la mondialisation des économies ou les exigences de la grande distribution ?

Auteur de cet article : Hervé GUYOMARD

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Alimentation et plaisir : Bon et sûr !

mardi 8 Avril 2008, 10:29

Article :
On parle d’aliment ? Il faut donc parler de plaisir, et le plaisir, c’est aussi la bonne conscience que nous avons à manger des aliments « sains », « sûrs »?

Les aliments font l’objet de discussions passionnées, à propos de leur qualité, chimique, microbiologique, génétique? Evidemment, nous voulons des « aliments santé », mais, contrairement à ce qu’une certaine publicité laisse croire, ce n’est pas une nouveauté : la Suite des Dons de Comus, livre de cuisine du XVIIe siècle, utilise déjà le terme !  Hippocrate, il y a plus de deux millénaires, savait déjà les relations entre notre aliment et notre santé. Et puis, de toute façon, nous la savons, cette relation : n’y a-t-il pas des plats qui nous laissent pesants, assoupis ? Et d’autres qui nous laissent plus alertes, vifs ? Cela, c’est pour la partie perceptible? mais ce qui est en cause, aussi, c’est ce qui n’est pas visible, les effets à long terme de composés dont nous ignorons la présence dans nos mets, et qui pourraient nous rendre malades.

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Question :
Comment savoir que les aliments sont sains et sûrs ?


Auteur de cet article : Hervé THIS

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Mon agriculture, ma région, mon développement durable : Ma région offre des produits spécifiques, identifiés, bien valorisés et qui font vivre mes voisins tout en me procurant du plaisir

lundi 7 Avril 2008, 10:16

François Casabianca est spécialiste INRA des produits d’origine, des indications géographiques, et des questions d’alimentation en rapport avec le développement durable et chercheur au laboratoire de recherches sur le Développement de l'Elevage, à Corte (région Corse), au département INRA Sciences pour l'Action et le Développement (SAD).


Article :
En effet, les produits d’origine ont constitué, particulièrement en France, une réponse anticipée aux risques liés à la délocalisation des activités, à la banalisation des modes de consommation et à la perte de repères accompagnant l’urbanisation des sociétés.

Leur protection sous forme d’Indication Géographique (en particulier les Appellations d’origine Contrôlée), grâce à la réservation du nom du produit aux seuls producteurs répondant aux exigences d’un cahier des charges strict, a permis le maintien de formes de production à caractère traditionnel. Sans la valeur commerciale attachée à cette protection, mais également la valeur culturelle et symbolique que ces produits expriment, ces formes de production auraient probablement disparu...

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Question :
Les produits d’origine garantie doivent-ils être considérés comme des archaïsmes ou bien comme un atout pour assurer de façon pérenne une valeur commerciale à des aliments porteurs de traits culturels et d’une agriculture respectueuse des traditions ?

Auteur de cet article : François CASABIANCA

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Mon alimentation, les agricultures de France et du reste du monde : Le boom des cours mondiaux agricoles : feu de paille ou début d’une nouvelle ère ?

lundi 31 Mars 2008, 14:26

Article :

Article (tiré de Guyomard H., titre éponyme, Revue Grain de Sel, septembre - novembre 2007)

De septembre 2006 au même mois de 2007, le cours mondial moyen du blé tendre - Soft Red Winter (SRW) Free on Board (FOB) - a cru de 112 euros par tonne, passant de 133 à 245 euros par tonne (+ 84 %). Sur la même période, le cours mondial moyen du blé tendre de haute qualité Hard Red Winter (HRW) du Golfe du Mexique a cru de 87 euros par tonne, passant de 163 à 250 euros par tonne (+ 53 %). Les prix mondiaux, européens et français du blé tendre, plus généralement des céréales, plus généralement encore d’un grand nombre de matières premières agricoles, ont donc augmenté de façon spectaculaire depuis, disons, le milieu de l’année civile 2006. De façon spectaculaire et surtout dans une large mesure non anticipée dans son ampleur dans la mesure où les prévisions établies il y a trois années seulement, c’est-à-dire à la fin de l’année civile 2005, misaient sur des perspectives de prix agricoles uniquement « relativement positives » pour reprendre l’expression utilisée à cette date par la Commission européenne. D’où deux interrogations : D’abord, que s’est-il passé ? Ensuite, que va-t-il se passer demain ? Nous apportons des éléments de réponse à ces deux interrogations en centrant le propos sur l’exemple des céréales. Lire la suite ...


Question :
La hausse des cours des matières premières agricoles va-t-elle durer ? Faut-il la maîtriser (et si oui, comment ?) dans une perspective de garantie d’accès pour le plus grand nombre possible à une nourriture à des prix « raisonnables » ? Mais a contrario, n’est-elle pas une chance pour l’agriculture mondiale parce qu’elle permettra le retour des investissements qui ont cruellement fait défaut sur les décennies passées ?  Chance pour l’agriculture, mais pour les agriculteurs ?

Auteur de cet article : Hervé Guyomard

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Mon alimentation, les agricultures de France et du reste du monde : L’agriculture mondiale devra produire plus et mieux. Et l’agriculture française ? mieux certainement, mais plus ?

lundi 31 Mars 2008, 14:08

Ingénieur agronome et statisticien - économiste, Hervé Guyomard est directeur de recherche à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique). Ses travaux portent sur l’analyse de la Politique agricole commune (PAC) et ses évolutions dans le contexte des nouveaux défis à relever, notamment sur le plan environnemental, des nouvelles attentes de la société et de l’insertion de l’Union européenne dans le concert international. Il est Directeur scientifique de l’Inra en charge des recherches relevant du triptyque société, économie et décision (SED).


Article :
L’agriculture de demain et d’après-demain devra produire plus et mieux. Plus pour nourrir une population mondiale qui devrait compter environ 9 milliards d’individus à l’horizon 2050. Mieux car il importe d’assurer une meilleure protection de l’environnement et des ressources naturelles?? Lire la suite ...


Question :
Quels rôles pour l’agriculture mondiale demain ? Comment satisfaire les besoins alimentaires de la planète tout en respectant mieux l’environnement et en répondant aux demandes non alimentaires ? Dans ce contexte général, quels rôles pour l’agriculture européenne et française : missions identiques ou spécifiques ?


Auteur de cet article : Hervé Guyomard

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